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LE PUCH , HERITIER  D’UNE  LONGUE  TRADITION  DE  LUTTE

Notre peuple vit une des périodes les plus dramatiques de son histoire. Haïti est devenue un enfer pour l’écrasante majorité de la population. La dictature héréditaire des Duvalier a instauré un régime de répression implacable. La misère et même la famine font des ravages dans les couches populaires. Livré au pillage des capitalistes étrangers, particulièrement nord-américains, le pays est rongé par une vaste entreprise de corruption généralisée, et vit objectivement sous une tutelle néo-colonialiste.

La dictature des Duvalier représente un renforcement et une aggravation des méthodes traditionnelles de gouvernement des classes dominantes haïtiennes disposées à tout entreprendre pour assurer la survie du régime d’exploitation des masses travailleuses et de liquidation du patrimoine national.

Contre ce régime, le peuple haïtien a toujours mené de rudes batailles. Dès notre existence comme Nation indépendante, le ler. Janvier 1804, les paysans, conduits par Goman, Accau et d’autres, ont brandi leurs armes contre les propriétaires fonciers, les grands commerçants et l’Etat. Ces luttes paysannes, sous des formes diverses, ont couvert tout le XIXème siècle et se sont prolongées jusqu’au début du Xème. Sous l’occupation américaine (1915-1934), de larges secteurs patriotiques ont lutté contre la domination étrangère, pour la défense des droits démocratiques du peuple et la sauvegarde de l’indépendance nationale. Mais ce fut surtout la paysannerie pauvre qui opposa aux marines la résistance la plus héroïque contre les dépossessions et la corvée. Dans ces combats populaires se distinguèrent de grands leaders nationaux comme Charlemagne Péralte et Benoît Batraville.

Les ouvriers, spécialement sous l’impulsion du mouvement démocratique de 1946, se sont mobilisés pour l’amélioration de leurs conditions d’existence et pour la conquête des libertés syndicales et politiques. De larges secteurs des couches moyennes, travailleurs indépendants, intellectuels progressistes ont combattu courageusement contre les abus du système féodal et semi-colonial, pour la démocratie et le progrès social.

Aujourd’hui encore, le peuple haïtien continue dans des conditions extrêmement difficiles, la lutte pour la satisfaction de ses revendications économiques, la conquête des droits démocratiques et la sauvegarde de la souveraineté nationale.
Dès 1934, les communistes ont posé les premiers fondements d’une lutte révolutionnaire organisée sur la base du marxisme. Jacques Roumain, pionnier du mouvement communiste haïtien, a su, à la tête de la lutte patriotique et nationale contre l’occupation étrangère, unir le travail théorique d’étude de la réalité sociale haïtienne, au travail pratique de formation et de mobilisation des ouvriers et des masses populaires.

 

Profitant de la poussée démocratique consécutive au mouvement populaire de 1946, le Parti Communiste d’alors et le Parti Socialiste Populaire (PPS) au cours de leur brève existence légale, ont travaillé à la diffusion de l’idéologie marxiste léniniste, à l’organisation des travailleurs et à la défense des droits démocratiques et des intérêts de la Nation. Illégalisés, persécutés, toujours sous le feu multiforme de l’ennemi de classe, les communistes ont poursuivi sans trêve leur combat.

 

Depuis 1957, sous la dictature des Duvalier, les communistes et les démocrates révolutionnaires se sont placés à l’avant-garde de la bataille pour la démocratie et la révolution sociale. La lutte révolutionnaire des communistes haïtiens constitue le prolongement authentique de tous les combats qui ont été livrés dans le pays pour la terre, les libertés démocratiques, l’indépendance économique, l’élévation du niveau de vie et de culture des classes défavorisées et pour la souveraineté nationale.

 

Cette lutte se livre sous la bannière du Parti Unifié des communistes Haïtiens (PUCH), Parti de combat du prolétariat et héritier de cette tradition de lutte révolutionnaire. Fondé le 18 janvier 1969 sur la base de l’unité idéologique, politique et organisationnelle de deux partis marxistes-léninistes, le Parti d’Entente Populaire (PEP) et le Parti Union des Démocrates Haïtiens (PUDA) ci-devant PPLN, notre Parti synthétise et approfondit toutes les revendications fondamentales pour la satisfaction desquelles les masses populaires combattent depuis plus d’un siècle et demi. Il est le dépositaire de toutes les expériences du mouvement révolutionnaire haïtien.

 

Le PUCH salue la mémoire des pionniers du mouvement communiste haïtien (Jacques Roumain, Christian Beaulieu, Etienne Charlier, Françis Vulcain). Il rend hommage de fidélité et d’admiration à l’héroïsme et au sacrifice des centaines de militants communistes tombés dans la lutte contre la dictature duvaliériste et pour le triomphe du socialisme sur la terre d’Haïti. Il rend hommage de fidélité et d’admiration aux fondateurs Jacques Stéphen Alexis et Jean-Jacques Ambroise qui ont consacré leur vie à la cause communiste et qui, par leur abnégation et leur exemple, ont tracé le chemin lumineux de la lutte et du sacrifice qui conduira notre peuple à la victoire. Notre Parti rend hommage de fidélité et d’admiration aux camarades qui ont expiré sous la torture, à ceux qui ont succombé à petit feu dans les camps de la mort de Fort Dimanche, aux camarades tombés le fusil à la main, à des centaines de militants connus et beaucoup d’autres anonymes dont le nom tôt ou tard passera à la postérité parce qu’ils ont su maintenir bien haut le drapeau rouge de la cause des prolétarienne et populaire.

 

Notre Parti et chacun d’entre nous, communistes et patriotes, nous n’oublierons jamais, les martyrs et les héros du peuple haïtien. Le PUCH s’engage à poursuivre inlassablement le combat pour la démocratie, la libération nationale, le socialisme et le communisme.


                                                                                                                                                       II

 

NOTRE  LUTTE  ET  LE  CONTEXTE  INTERNATIONAL

 

 

Aujourd’hui, la lutte de libération nationale du peuple haïtien se déroule dans un contexte international favorable à la lutte des peuples opprimés. Il se confirme de plus en plus que, depuis la Grande Révolution Socialiste d’Octobre 1917 en Russie, notre époque est celle du passage du capitalisme au socialisme. Le système socialiste mondial, l’Union Soviétique en tête avec ses succès dans tous les domaines : politique, économique, social et militaire, se révèle incontestablement la force déterminante de l’évolution historique contemporaine, le bouclier des forces de progrès et de paix.

 

Le système impérialiste mondial, bastion des forces de la réaction dominé par les Etats Unis d’Amérique du Nord, essaie de renforcer par des méthodes nouvelles y compris la terreur, l’exploitation des peuples d’Asie, d’Afrique et d’Amérique Latine. Cependant, en dépit des intrigues, de l’agressivité et du rôle de gendarme international de l’impérialisme américain, de nouveaux succès sont remportés continuellement par les travailleurs de tous les pays dans la lutte pour la libération nationale, l’approfondissement de la démocratie et le socialisme. Dans de nombreux pays se développe un ample mouvement contre le colonialisme et le néo-colonialisme, pour l’indépendance nationale, la récupération des richesses naturelles des pays dépendants, une effective souveraineté, pour la paix, le non alignement. Ainsi s’élargit le camp anti-impérialiste. Des pays, hier encore dominés (Cuba, VietNam, Angola, Ethiopie par exemple) sont aujourd’hui libérés après que l’impérialiste et ses alliés aient été mis en déroute par la lutte révolutionnaire et la résistance patriotique des peuples.

 

En Amérique Latine, depuis la révolution cubaine, les forces démocratiques et révolutionnaires manifestent avec plus de vigueur leur volonté de lutter contre l’impérialisme, les oligarchies locales et le fascisme. Dans de nombreux pays capitalistes, le prolétariat mène une lutte acharnée contre les forces réactionnaires, et dans certains d’entre eux, il renforce de plus en plus sa capacité d’accéder au pouvoir pour mettre fin à la domination du capital.

 

Cependant, le mouvement révolutionnaire contemporain fait face à de graves difficultés nées des dissensions, divisions et conflits qui ont surgi en son sein. En particulier, le fait par les dirigeants actuels de la République Populaire de Chine de s’écarter des principes du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien a créé une situation défavorable à l’ensemble de la communauté socialiste et du mouvement de libération nationale, qui sert au plus haut point les projets de l’impérialisme et des régimes réactionnaires.

 

Considérant que dans la lutte sans merci que se livrent les forces de progrès et la réaction à l’échelle mondiale, l’objectif de l’impérialisme est d’isoler et de disloquer la communauté socialiste, d’affaiblir le mouvement communiste et de liquider le mouvement de libération nationale, le PUCH condamne toute politique de division du mouvement communiste, toute politique de dénigrement et d’attaque systématique à l’Union Soviétique et aux autres pays socialistes, toute politique qui dessert la cause des peuples en lutte pour leur libération nationale et le socialisme.

 

Le PUCH estime que l’objectif primordial que doit se fixer chaque Parti Communiste, chaque détachement révolutionnaire est de combattre toutes les idéologies anti-socialistes, anti-léninistes et anti-soviétiques qui constituent aujourd’hui autant d’expression camouflées et dangereuses de l’anti-communisme. Le PUCH considère que chaque Parti Communiste, chaque détachement révolutionnaire se doit, dans l’intérêt de sa propre lutte, de renforcer la solidarité avec l’Union Soviétique, contribuer au renforcement de la communauté socialiste et promouvoir l’unité d’action de toutes les forces anti-impérialistes, la solidarité fraternelle de tous les Partis Communistes sur la base du marxisme-léninisme et de l’internationalisme prolétarien. Remplir son devoir internationaliste consiste pour le PUCH à concrétiser sa solidarité dans sa pratique révolutionnaire, à travailler au rapprochement du peuple d’Haïti avec les travailleurs du monde entier, à faire triompher la révolution socialiste sur le sol national et à défendre le marxisme-léninisme, guide idéologique du prolétariat international.

 

La tendance fondamentale de notre époque va dans le sens de la dégradation du capitalisme et de l’impérialisme et du renforcement de la lutte pour le socialisme, la libération nationale, le progrès économique et social. La lutte organisée du prolétariat haïtien sous la direction de son avant-garde, le PUCH, contre la domination des classes réactionnaires et l’oppression impérialiste poursuit les mêmes objectifs historiques que la lutte des peuples de la communauté socialiste, des pays dépendants et des pays capitalistes industrialisés ; abolir les inégalités sociales, mettre fin aux guerres d’agression, établir la paix et l’amitié entre les peuples, construire le socialisme et le communisme. C’est pourquoi, le PUCH est solidaire des grandes transformations révolutionnaires qui s’opèrent dans les pays socialistes, du combat pour le progrès social que mène le prolétariat des pays capitalistes avancés et de la lutte des Nations opprimées pour la libération nationale.

 

Vu le caractère rapace de l’impérialisme et son agressivité exercée directement ou par l’intermédiaire de ses sous-ordres en Afrique, en Asie ou en Amérique-Latine, le PUCH considère qu’il est impossible pour un détachement révolutionnaire de ces régions de vaincre les forces réactionnaires locales et l’impérialisme sans la solidarité internationale et le soutien multiforme du camp socialiste, du prolétariat international et des mouvements de libération nationale. En conséquence, le Parti Unifié des Communistes Haïtiens (PUCH) attache la plus haute importance à toutes les formes d’appui à la lutte de notre peuple et est décidé à promouvoir la solidarité la plus large de tous les peuples du monde avec notre combat pour la libération nationale et le socialisme.


                                                                                    UN  SYSTEME  AU  SERVICE  D’INTERETS  IMPERIALISTES

 

Les traits dominants de la formation sociale haïtienne, dans le domaine de la production sont : faible niveau de développement des forces productives; domination des grands propriétaires fonciers et prédominance de rapports sociaux arriérés (de type semi-féodal) dans l’agriculture qui demeure la principale activité productive ; monopolisation du commerce d’importation et d’exportation par une poignée de négociants, têtes de pont des intérêts étrangers ; affaiblissement continu du large secteur de la petite exploitation rurale et urbaine (agricole, artisanale et commerciale) de type individuel ou familial ; faiblesse des rapports capitalistes malgré leur extension dans l’agriculture et l’industrie au cours de la dernière décennie ; totale dépendance vis-à-vis de l’impérialisme nord-américain qui dans ces dernières années, a renforcé sa domination économique et financière sur le pays, donnant lieu à un plus grand développement des rapports capitalistes de production. L’ensemble de cette situation détermine l’arriération du système économique, la subordination de celui-ci aux monopoles impérialistes, le haut degré d’exploitation, d’oppression et de misère des masses haïtiennes.

 

Les grands propriétaires fonciers et les négociants, grands exportateurs et importateurs, principaux profiteurs du régime, ont toujours été les piliers du système néo-colonial et semi-féodal. Cependant, avec l’extension des rapports capitalistes consécutives à l’accentuation de la pénétration impérialiste, se produit un élargissement des activités capitalistes, et partant des classes dominantes. Les couches les plus étroitement liées à l’impérialisme s’élargissent, se renforcent et jouent un rôle de plus en plus important dans l’ensemble des forces de domination. Cette réalité met bien en relief la totale subordination des intérêts de l’oligarchie foncière et bourgeoise dominante à ceux de l’impérialisme qui demeure le grand profiteur et le soutien décisif du régime.

 

En effet depuis 1915 l’impérialisme américain renforce de façon croissante ses positions dans le pays, transforme les institutions en instruments au service de ses intérêts. L’essentiel des activités industrielles et agricoles est dirigé presque totalement dans le sens imposé par l’impérialisme. Les organismes culturels et religieux, liés à l’impérialisme, mettent tout en œuvre pour parvenir à un contrôle total du pays sur le plan idéologique. Ainsi tout l’appareil d’Etat et le système économique dépendent des intérêts et du poids de l’impérialisme dans notre société.

 

Dans ces conditions il est clair que les intérêts de la Nation, principalement ceux des classes populaires, sont opposés à ceux de l’impérialisme et de ses sous-ordres. C’est là la contradiction fondamentale de notre société, contradiction dont la solution sera le résultat d’une lutte nationale.

 

                                1. LES RANDS PROPRIETAIRES FONCIERS : PRINCIPAL OBSTACLE AU DEVELOPPEMENT DE L’AGRICULTURE

Les grands propriétaires fonciers constituent un des piliers du régime semi-féodal qui entrave tout progrès de la société haïtienne. Par la détention de la plus grande et de la meilleure partie des terres cultivables, ils contrôlent l’essentiel des mécanismes de la production agricole.

 

Dans l’organisation du travail sur leurs domaines, les grands « dons » ont instauré et maintenu farouchement, depuis l’indépendance, des rapports de production semi-féodaux. Le plus souvent absentéistes, ils n’investissent pas dans le processus de mise en valeur de leurs propriétés ; ils se contentent de concéder temporairement, en vertu des clauses d’un bail fixées par la loi, une portion de la terre nue aux paysans pauvres et fermiers qui assurent tous les frais de la production et qui leur payent en retour des redevances en nature, en travail ou en argent, soit l’équivalent de la moitié de la production. Ainsi ces grands propriétaires fonciers s’enrichissent en prélevant la rente foncière selon le traditionnel système de « de-moitié ».

 

En général, étroitement liés à la bourgeoisie commerçante, en particulier aux gros exportateurs et importateurs, les grands propriétaires fonciers contrôlent le commerce rural, pratiquent la spéculation et l’usure aux dépens des paysans pauvres, fermiers ou petits propriétaires et des paysans moyens. Forts de leur poids dans les structures de l’appareil d’Etat, particulièrement de l’appui des corps policiers et judiciaires, ils réalisent à leur gré des dépossessions et exercent toutes sortes de contraintes corporelles et psychologiques sur les paysans pauvres, leur imposant la corvée et les maintenant dans un état de dépendance personnelle et de servitude totale.

 

La classe des grands propriétaires fonciers maintient ainsi le retard de l’agriculture, entrave le développement économique et fait peser un joug de fer sur la masse des paysans pauvres. Aucun progrès ne peut se réaliser, aucune démocratie véritable ne peut s’instaurer dans notre pays, sans la disparition des rapports semi-féodaux dans les campagnes.

 

                                              UNE BOURGEOISIE SANS AUCUN PROJET ECONOMIQUE NAITONAL.

La bourgeoisie haïtienne est constituée essentiellement d’un petit nombre de négociants (en partie d’origine étrangère), de gérant-actionnaires de succursales de firmes impérialistes, de financiers et brasseurs d’affaires, d’entrepreneurs agricoles et industriels. Cette bourgeoisie s’enrichit scandaleusement, soutirant d’énormes profits à la masse des travailleurs sous forme de plus value et de bénéfices commerciaux. Elle est surtout au service des intérêts étrangers, n’a aucun projet de développement économique national et se caractérise par sa mentalité d’affairistes sans vision du futur, sans grande ambition pour le pays.

 

Le secteur le plus puissant, du point de vue économique et politique de cette classe (les négociants, les florissantes agences de représentants ou d’associés de compagnies ou monopoles étrangers) remplit fondamentalement la fonction de commis des intérêts impérialistes dans le pays. Il se renforce dans le cadre économique imposé par les monopoles impérialistes. Une bonne partie de ses profits est exportée vers les banques étrangères et ce qui en reste dans le pays sert tout juste au fonctionnement de ses entreprises et au soutien de son train de vie luxueux. Il est le principal intermédiaire par lequel le capital étranger pille nos richesses nationales, exploite à outrance notre classe ouvrière, domine nos finances et exerce un contrôle absolu sur l’économie nationale. Bien que quantitativement minoritaire, ce secteur par son importance dans le pays, imprime sa marque sur la Nation et détermine l’action des classes dominantes dans leur ensemble.

 

Par ailleurs, une bourgeoisie bureaucratique, issue principalement des couches moyennes, mais solidement liée à la bourgeoisie financière, utilise le pouvoir comme moyen d’enrichissement. Cette bourgeoisie contribue à assurer le fonctionnement de l’appareil d’Etat dans le sens des intérêts de tous les exploiteurs et de l’impérialisme.

 

Seul un faible secteur de la bourgeoisie aurait pu jouer un rôle national, mais il est constamment brimé par le poids de ses propres contradictions et celui des intérêts économiques et politiques du secteur anti-national de la bourgeoisie. Il est incapable de s’épanouir et de prendre la direction d’un processus de développement économique autonome. Aussi joue-t-il un rôle secondaire et végète à la fois sous la dépendance des monopoles impérialistes du secteur anti-national de la bourgeoisie et de l’Etat parasitaire.

 

                                                              1. LES CLASSES DOMINANTES INSTRUMENTS DE L’IMPERIALISME
Les classes dominantes haïtiennes ont conclu entre elles une sainte-alliance pour instaurer et renforcer un  régime féroce d’oppression et d’exploitation des masses populaires et soumettre le pays aux intérêts de l’impérialisme. Parfois divisées quand il s’agit de mettre la main sur l’appareil gouvernemental, utilisant dans leur affrontement passager toutes les armes, particulièrement la mystification idéologique par la « question de couleur », elles ont toujours su faire bloc pour défendre leurs intérêts fondamentaux de classe, barrer la route au triomphe des revendications populaires. Leur politique a toujours été orientée vers une subordination de plus en plus accentuée de notre pays aux nécessités du grand capital international et vers le modelage de tous les aspects de la vie nationale par les intérêts étrangers.

 

La dictature héréditaire des Duvalier, au service du bloc des classes dominantes, n’a fait u’aggraver la domination de notre pays par l’impérialisme. Les contrats qu’elle a signés, pour livrer nos richesses naturelles et même d’importantes portions du territoire aux monopoles étrangers dépassent, par leur nombre et leur caractère servile tout ce qui a jamais été entrepris dans ce genre par les gouvernements antérieurs. Ainsi la traditionnelle dépendance du pays vis-à-vis de l’impérialisme s’est considérablement renforcée.

 

Ces dernières années, dans le cadre du processus de domination croissante de notre économie, l’impérialisme a introduit dans le pays des mécanismes capitalistes plus complexes. Outre les sociétés étrangères qui monopolisent depuis longtemps les transports internationaux, la distribution du pétrole et le tourisme, on assiste à l’installation de nombreuses usines attirées par l’abondance d’une main-d’œuvre à bon marché et par l’absence chez nous de tous les droits démocratiques. En même temps se multiplient les institutions bancaires qui drainent l’épargne national et qui, par le financement de certaines entreprises agricoles et industrielles, s’approprient une partie importante de la plus-value produite par les travailleurs haïtiens. De plus, le capital monopoliste, particulièrement le capital nord-américain, augmente son emprise sur l’économie national grâce à des emprunts d’Etat extrêmement onéreux qui augmentent démesurément la dette publique, et les redevances du pays vis-à-vis du capital impérialiste, renforçant ainsi la dépendance d’Haïti par rapport à l’impérialisme. En même temps grandit l’assistance financière et technique sous formes de subventions gouvernementales qui ont donné lieu à une véritable prise en charge du pays par les institutions d’aide étrangère, ce qui constitue une nouvelle et encore plus dangereuse occupation impérialiste aidant au renforcement de l’appareil d’oppression bureaucratique.

 

Le renforcement de la pénétration impérialiste donne lieu à l’extension des rapports capitalistes au sein de l’économie avec les caractéristiques d’un véritable capitalisme colonial. C’est actuellement la tendance la plus marquante de la société haïtienne. Cette situation tend à modifier le poids spécifique des divers types de rapports de production dans la société. Le développement du capitalisme contribue à faire reculer les rapports de production archaïques, donne lieu à la consolidation du capital marchand et industriel et par voie de conséquence l’augmentation de la classe ouvrière. En même temps, ce processus de développement capitaliste aggrave la misère du peuple. Ceci engendre comme autre conséquence une aggravation du problème de l’émigration qui prend de plus en plus d’ampleur. Les petits paysans qui perdent leurs moyens d’existence sont obligés d’abandonner les campagnes. Des gens de toutes les couches sociales partent chercher du travail à l’étranger. Ainsi l’impérialisme dispose d’une masse de travailleurs immigrés dont le nombre va croissant, ce qui entraîne la dévaluation de la force de travail sur le marché de l’emploi, c’est-à-dire une augmentation de la plus-value au profit du grand capital. 

 

                                                    L’ETAT REACTIONNAIRE, PRINCIPALE FORCE D’OPPRESSION DU PEUPLE.
L’Etat haïtien, expression politique du régime économique et social en vigueur est fondamentalement un Etat anti-national et anti-populaire, et un appareil de néo-colonisation du gouvernement des Etats Unis et du capital financier siégeant au Wall Street.. A travers les divers changements de gouvernement, le pouvoir d’Etat traditionnellement autocratique et dictatorial, fonctionne comme un instrument permanent d’oppression du peuple au service des grands propriétaires fonciers des négociants, des grands entrepreneurs et hommes d’affaires de tout acabit et au service de l’impérialisme.

Les puissants moyens d’action dont dispose l’Etat contribuent à conférer des pouvoirs immenses, quasi absolus, au président de la République. Les chefs d’Etat et leur équipe gouvernementale contrôlent, par le mécanisme de l’affermage, de l’accaparement des terres de l’Etat et par les dépossessions, une partie importante du fonds agraire, domaine clé de l’économie nationale. Ils utilisent leur main-mise sur des entreprises publiques et leur contrôle sur l’appareil d’Etat comme source d’enrichissement rapide par la corruption, l’octroi de concessions et toutes sortes de combine. Vu l’interdiction des Partis et Syndicats et l’absence de tout système de contrôle des affaires publiques, les hommes au pouvoir font dépendre de leur bon vouloir l’administration du pays et le sort de milliers de fonctionnaires. L’existence même des citoyens est soumise à leur arbitraire.

 Malgré ses attributs formels de souveraineté, l’Etat sert avant tout les intérêts de la politique des Etats-Unis et d’Amérique du Nord. Il renforce inexorablement la dépendance de notre pays par rapport à l’impérialisme en donnant libre cours au pillage des richesses nationales par les compagnies étrangères.

 L’aggravation de l crise des structures et l’incapacité manifeste des classes dominantes de la résoudre ont développé au maximum les caractéristiques anti-nationales et anti-populaires de l’Etat. Le régime des Duvalier a accentué la forme autocratique et dictatoriale du pouvoir d’Etat au point de rendre ce dernier ouvertement terroriste. Aujourd’hui l’identification est absolue entre l’essence et la forme réactionnaires de l’Etat.

 Sous l’empire de la loi martiale et de l’état de siège permanents depuis 1957, le terrorisme d’Etat duvaliériste a éliminé le cadre déjà étriqué de l’ordre constitutionnel antérieur et a adopté toutes sortes de mesures anti-démocratiques et anti-populaires. Le parlement, l’armée, les tribunaux fonctionnent sous la tutelle absolue du gang des Duvalier et des proconsuls de l’impérialisme nord-américain. Les corps de répression se sont multipliés ; les organisations syndicales ou professionnelles ont été démantelées ou totalement domestiquées ; les associations de jeunesse ont été brimées et dissoutes ; les droits et les garanties de la personne humaine reconnus jusque-là dans une certaine mesure ont été supprimés. Les partis d’opposition ont été interdits. La peine de mort contre les communistes et leurs sympathisants a été légalisée. La terreur généralisée a été érigée en méthode de gouvernement et demeure la toile de fond du régime duvaliériste même lorsque celui-ci, après 20 ans d’exercice du pouvoir prétend se moderniser et se libéraliser.

 En cherchant par tous les moyens à assurer la survie du vieux système semi-féodal et néo-colonial, en défendant servilement les intérêts des secteurs les plus rétrogrades et anti-patriotiques de la société, la gang des Duvalier, au moyen de ses multiples corps de répression, a transformé le pays en un vaste camp de concentration. Dans ce cadre se sont renforcé l’exploitation et l’oppression du peuple par les classes réactionnaires, par l’impérialisme et par l’Etat ; situation qui a mis à nu les contradictions de la société haïtienne et crée les bases objectives de l’alliance révolutionnaire des classes et couches opprimées.

 

                                    IV. L’ALLIANCE REVOLUTIONNAIRE DES CLASSES ET COUCHES OPPRIMEES, UNE IMPERIEUSE NECESSITE.

 

Dans le cadre global de l’organisation et du fonctionnement du système néo-colonial et semi-féodal parvenu à sa crise, les rapports de production se développent dans le sens de l’approfondissement des contradictions et de la polarisation des forces sociales. D’un côté, les classes et couches dominantes au service de l’impérialisme, de l’autre, les masses laborieuses (ouvrières, paysannes et les secteurs populaires des couches moyennes) qui vivent un processus accéléré de paupérisation débouchant sur une misère de plus en plus intolérable. L’ensemble des classes et couches sociales opposées à la domination des grands propriétaires fonciers, de la bourgeoisie anti-nationale, de l’impérialisme et de l’Etat constitue l’écrasante majorité de notre peuple. La précarité des conditions matérielles d’existence de tous les opprimés du pays, la rigueur de l’exploitation économique et la violence de l’oppression politique qu’ils partagent, constituent les bases objectives de leur alliance révolutionnaire, impérieuse nécessité de la lutte pour un changement radical de la société. A partir de ces bases objectives, l’alliance révolutionnaire des classes et couches opprimées guidée par le prolétariat, son Pari et son idéologie révolutionnaire, permettra de rompre le pouvoir des classes dominantes et de libérer toute l’énergie des masses populaires pour la transformation totale de notre société.

 

                               1/ LES PAYSANS PAUVRES, SOUFFRE-DOULEUR DU SYSTEME ET FORCE PRINCIPALE DE L’ALLIANCE 

 

                                                                                             REVOLUTIONNAIRE.

 

Dans notre pays à dominante rurale, plus de 80% de la population vivent à la campagne. La paysannerie pauvre, composée de petits propriétaires et de paysans sans terre, constitue la grande majorité du monde rural. Elle souffre d’une extrême misère, résultat de l’exploitation féroce dont elle est victime.

 Les petits propriétaires, dont la production ne suffit pas à leur entretien et celui de leur famille, voient leur minuscule parcelle devenir de plus en plus improductive à cause de l’arriération des techniques et instruments agricoles, de l’érosion et des calamités naturelles. Ils vivent sous la menace permanente des dépossessions. Les « sans-terre », qui représentent une grande masse de la paysannerie, mènent une existence de bêtes de somme sur les propriétés des grands propriétaires soit comme « de moitié », soit comme « djobeurs » de toutes sortes, soit comme prétendus « travailleurs familiaux ». Ils sont traités en domestiques, en véritables esclaves.

 Le système semi-féodal et néo-colonial condamne ainsi la paysannerie pauvre à des conditions de vie inhumaine dans des cahutes insalubres, sans eau courante, sans électricité, sans même un cabinet d’aisance. Du point de vue de l’éducation et de la santé, la situation est aussi accablante pour le système. Le taux d’analphabétisme atteint à la campagne plus de 85%. Dans un pays qui ne dispose que d’un médecin, l lit d’hôpital et l infirmier pour 10.000 habitants, les rares services sociaux concentrés dans les villes sont inaccessibles aux paysans. De là, la mortalité infantile qui fait des ravages et atteint le taux le plus élevé de l’Amérique Latine.

 Dans cet état de dénuement extrême qui, au cours de ces derniers temps, a débouché sur la famine chronique avec des milliers de morts de faim, l’habitant est forcé de fuir sa terre et son pays. C’est le sauve-qui-peut, l’exode vers les villes, en particulier Port-au-Prince, et la fuite vers l’étranger, dans les conditions les plus précaires parfois sur de frêles embarcations, de nos paysans et prolétaires qui parfois périssent en mer et souffrent toutes sortes de privations et  d’humiliations aux Bahamas, en République Dominicaine, aux Etats-Unis…

 La paysannerie pauvre est hautement intéressée à une transformation totale de sa situation. C’est la force fondamentale de toute alliance révolutionnaire. Sans sa mobilisation, aucun changement radical ne peut s’opérer dans le pays. 

 

                                    2/  LES SECTEURS POPULAIRES DES COUCHES MOYENNES PLONGES DANS LE DESARROI.

 

De l’ensemble des couches moyennes, qui se différencient entre elles par leur type d’activité, leurs sources de revenus, leur niveau de vie et leur mode de penser, seule une infime fraction est intrinsèquement identifiée au système dominant. C’est  le groupe d’entrepreneurs et commerçants moyens, de professionnels libéraux et de hauts fonctionnaires qui ou bien exploitent la force de travail d’autrui, ou bien tirent des revenus élevés de leurs activités. Si parmi eux, on trouve des défenseurs farouches du système socio-économique en place, on y rencontre aussi des patriotes sincères, des professionnels honnêtes, brimés par la dictature néo-fasciste, qui souffrent d’une façon ou d’une autre de la politique des classes dominantes et aspirent à un régime de justice où ils pourront mieux développer leurs activités et mieux utiliser leur compétence.

 La grande masse des couches moyennes représente un important secteur populaire qui, par son dénuement et la précarité de ses conditions d’existence est plus proche des exploités que du bloc au pouvoir. Ce sont les paysans moyens, les petits entrepreneurs, propriétaires d’établissement artisanal, les petits commerçants (boutiquiers, « madam sara »). Rarement ils exploitent la force de travail d’autrui et utilisent plutôt des formes d’entraide familiale ou communautaire. Il s’agit aussi d’innombrables femmes et hommes employés de service, professionnels des entreprises privées, petits fonctionnaires de l’administration publique, des milliers d’intellectuels, techniciens, artistes, étudiants qui doivent tous tirer le diable par la queue pour subsister.

 Ces larges secteurs des couches moyennes vivent dans le désarroi. Constamment menacés de perdre leur moyen autonome de subsistance ou leur emploi maigrement rémunéré, ils affrontent des difficultés économiques auxquelles ils ne trouvent pas de solution. Le système actuel les condamne à l’endettement, à la ruine, à la paupérisation, à la famine et à l’émigration. Seule une active participation dans une alliance révolutionnaire leur permettra de créer les conditions pour une totale transformation de leur pénible situation.

 

                                          3/ LA CLASSE OUVRIERE SUREXPLOITEE, FORCE DIRIGEANTE DE L’ALLIANCE REVOLUTIONNAIRE.

 

La sensible augmentation de la classe ouvrière, par suite de l’extension des relations capitalistes, constitue un des éléments les plus marquants de la tendance actuelle de la situation économique. Une nouvelle couche de travailleurs d’entreprises vient ainsi grossir les rangs de la classe ouvrière qui se compose d’ouvriers agricoles, d’ouvriers d’usine et des mines, des travailleurs de la construction publique ou privée, des travailleurs des ports, du transport, des employés et des travailleurs du commerce…

 Produisant une grande partie de la richesse sociale, les ouvriers et les travailleurs n’e reçoivent qu’une infime partie sous forme de salaire de famine. Lre salaire minimum, qui d’ailleurs n’est pas payé par la plupart des patrons, suffit à peine à assurer la reproduction de la force physique du prolétaire. Pour permettre aux patrons d’amasser des profits scandaleux, et étant donné l’inexistence de tout droit démocratique, les ouvriers sont livrés pieds et poings liés aux méthodes les plus dures et arriérées de l’exploitation capitaliste, telles que : la prolongation de la journée de travail, le salaire à la pièce et le travail à domicile.

 Dans ces conditions, les prolétaires, qui se tuent à la tâche, se trouvent dans l’impossibilité de subvenir à leurs besoins élémentaires et à ceux de leurs familles. Avec la hausse continue des prix des produits de première nécessité, leur salaire se dégrade de plus en plus. L’absence des moyens de transport collectif, l’insécurité, les contributions forcées et le caractère des conditions de travail, les amendes et autres cotisations prélevées sur le salaire rendent la situation matérielle des ouvriers encore plus précaire s’ils végètent dans des conditions inhumaines d’existence, croupissent dans des logements exigus et insalubres, privés de tout système efficace de sécurité sociale, coupés en fait de tous les avantages de la civilisation et de la culture. L’action du prolétaire contre ces conditions d’existence et de travail est un des éléments les plus dynamiques du processus de formation de l’alliance révolutionnaire.

 Autour de la classe ouvrière gravite une immense couche de sous-prolétaires et de travailleurs individuels. Ils vivent continuellement en quête d’une bouchée de pain en échange de leur service. Certains sont propriétaires de leurs moyens de subsistance rudimentaires ; d’autres prolétaires d’occasion avec ou sans métier, arpentent les villes et les campagnes à la recherche d’un patron auquel vendre leur force de travail. Ce sont les milliers d’hommes et de femmes sans emploi stable, porteurs, vendeurs, cireurs de souliers, bonnes, garçon de cour, « djobeurs » qui peuplent les bourges et les villes, et particulièrement la capitale.

 Toute cette couche de sous-prolétaires et de travailleurs individuels sent, avec le prolétariat, la nécessité d’un changement en profondeur de notre société, changement capable de leur assurer une politique effective de lutte contre le chômage, la stabilité de l’emploi, la dignité dans les conditions d’existence et de travail et la plénitude des droits démocratiques. Cette couche de « délaissés », qui pourtant fait partie intégrante des masses populaires est également appelée à déployer une grande activité dans cette alliance révolutionnaire. 

 

                                           4/ UNE ALLIANCE LARGE PERMETTRA DE RESOUDRE LES CONTRADICTIONS FONDAMENTALES DE LA

 

                                                                                                                 SOCIETE.

 

A l’étape actuelle de la crise de la société haïtienne, parmi toutes les contradictions propres au fonctionnement du système économique et social, prend une importance décisive celle qui oppose l’impérialisme et la minorité dominante féodalo-bourgeoise à l’ensemble des classes et couches sociales objectivement intéressées à la libération et au développement du pays : soit les paysans pauvres, les ouvriers, les secteurs nécessiteux des couches moyennes, la moyenne bourgeoisie, catégories qui constituent la presque totalité des haïtiens.

 Les différents mécanismes de l’asservissement des masses travailleuses et de l’enrichissement des grands propriétaires fonciers, des négociants, des compagnies étrangères, de leurs représentants ou associés et des grands patrons capitalistes constituent autant de pièces de la puissante machine d’exploitation contrôlée par l’impérialisme nord-américain. En particulier, les contradictions entre les propriétaires fonciers et la masse de la paysannerie pauvre et moyenne –contradictions d’importance en Haïti, vu le caractère agricole de notre société- sont indissolublement liées au rôle traditionnel d’Haïti comme fournisseur de matières premières et à sa situation de dépendance économique et financière vis-à-vis de l’impérialisme.

 Dans un tel cadre, la poignée des grands propriétaires fonciers et négociants exportateurs, en tant que clients et intermédiaires des monopoles, trouve des moyens divers et efficaces pour maintenir son joug sur la paysannerie, sur l’ensemble des classes travailleuses et sur la Nation.

 Ainsi, les contradictions entre la paysannerie pauvre et les grands propriétaires fonciers, entre les travailleurs exploités et les patrons exploiteurs, entre les classes opprimées et le petit groupe des oppresseurs ont pour base commune l’affrontement irréconciliable d’intérêts entre la Nation et l’impérialisme.

 L’alliance révolutionnaire des classes et couches opprimées dans la lutte contre l’oppression politique, contre l’asservissement par les propriétaires fonciers et contre l’exploitation exercée par les patrons, devra tendre en tout premier lieu à libérer le pays du joug impérialiste et à récupérer la souveraineté nationale. Seulement ainsi pourront être résolues les contradictions qui, dans la phase actuelle de l’évolution de notre société, constituent les plus grands obstacles au progrès économique et social. Dans l’union de toutes les forces démocratiques et nationales contre la minorité dominante féodale et bourgeoise liée à l’impérialisme, prend une importance particulière l’alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie, force motrice de la révolution démocratique-nationale et garantie de son évolution vers le socialisme.

 

5/ LA MISSION HISTORIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE.

 

Au sein de la contradiction qui oppose l’impérialisme, la Nation, la contradiction capital-travail acquiert un poids de plus en plus significatif. Cette réalité vient du fait que le processus de pénétration impérialiste et l’extension de relations capitalistes dans les principales branches de la production donnent lieu à une confrontation croissante entre la classe ouvrière et les patrons des firmes impérialistes et locales. Ainsi la contradiction capital-travail, bien qu’elle ne constitue pas une caractéristique fondamentale de la crise actuelle du système, revêt une très grande importance tactique et stratégique. Elle permet de lier, par l’action politique révolutionnaire, les luttes pour les revendications immédiates de la classe ouvrière au combat pour la libération nationale et pour le socialisme.

 Victime à la fois de l’oppression politique, du carcan constitué par les relations pré-capitalistes à la campagne, de l’exploitation capitaliste et de la domination impérialiste, le prolétariat est la classe sociale la plus apte à recueillir l’ensemble des aspirations populaires. Il est partie prenante de la lutte pour les libertés démocratiques, les transformations révolutionnaires et la libération nationale tendant à mettre fin à la domination impérialiste et à détruire le régime agraire archaïque. Il est directement engagé dans la lutte contre l’exploitation de l’homme par l’homme. Le prolétariat est donc la seule force capable de conduire jusqu’au bout la lutte pour la solution des contradictions de la société haïtienne.

 De plus, par son rôle dans la production, par l’idéologie dont elle est porteuse, la classe ouvrière est historiquement la force d’avant-garde destinée à diriger le processus de construction du futur régime socialiste dans lequel seront éliminées toutes les formes d’exploitation. Il est donc indispensable que les travailleurs agricoles et les ouvriers des villes s’unissent afin de diriger les luttes populaires et de convertir celles-ci en un seul grand courant de mobilisation révolutionnaire pour la démocratie, la libération nationale et le socialisme.

 Pour accomplir cette mission historique, la classe ouvrière haïtienne peut compter sur la grande force de l’internationalisme prolétarien, c’est-à-dire l’appui solidaire et fraternel du système socialiste, du prolétariat international et des mouvements de libération dans le monde. Ces forces de progrès, qui deviennent de plus en plus puissantes, alors que l’impérialisme et le système capitaliste s’affaiblissent de jour en jour, constituent des alliés dont l’aide soutiendra notre peuple dans son combat national de libération.

 

6/ NOTRE PARTI, ORGANISATEUR DE LA LUTTE POPULAIRE.

 

Pour remplir ce rôle dirigeant, le prolétaire doit avoir son propre Parti capable de diriger, d’organiser non seulement sa propre lutte mais aussi celle de toutes les autres classes et couches populaires. Le Parti Unifié des Communistes Haïtiens ( PUCH ) qui fonde son action sur la théorie éprouvée du marxisme-léninisme et sur la connaissance scientifique des particularités de la réalité sociale nationale, met tout en œuvre pour devenir ce grand Parti des travailleurs. Par sa prise en charge des intérêts populaires, ses capacités organisationnelles, son expérience de lutte, par l’héroïsme et l’esprit de sacrifice de ses militants, par son dévouement à la cause du peuple et de la Nation, le PUCH doit conquérir, chaque jour davantage le rôle de Parti d’avant-garde et prouver ainsi qu’il est l’unique organisation apte à mériter la confiance totale du peuple et à conduire la révolution haïtienne jusqu’au bout.

 La conquête de ce rôle d’avant-garde exige en tout premier lieu que le PUCH anime et dirige les luttes quotidiennes du prolétariat pour la satisfaction des revendications économiques immédiates des ouvriers et l’établissement des libertés et droits démocratiques. De même le PUCH doit animer et diriger les luttes quotidiennes de la paysannerie pauvre et de toutes les autres couches sociales opprimées pour la satisfaction de leurs revendications économiques et politiques immédiates. Le développement de toutes ces luttes, surtout celle du prolétariat et de la paysannerie pauvre, permettra, grâce au travail d’éducation du PUCH de créer les conditions favorables à la libération de toutes les catégories de travailleurs et de réaliser l’alliance solide de tous les opprimés. Dans ce grand mouvement de rassemblement pour la libération nationale et sociale, le PUCH fermement convaincu que l’émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes, considère que l’alliance du prolétariat et de la paysannerie pauvre constitue la condition absolue pour le développement et le triomphe des luttes populaires.

 L’unité de la classe ouvrière et de la paysannerie pauvre constitue le moteur qui impulsera la lutte de toutes les forces nationales et anti-impérialistes. Elle stimulera la mobilisation des forces populaires et de larges secteurs des couches moyennes, étudiants, intellectuels, petits et moyens fonctionnaires, militaires, religieux, petits commerçants, artisans, chômeurs, jeunes, croyants de toutes les églises, patriotes de toutes les tendances, hommes et femmes de toutes les catégories sociales exploitées opprimées et brimées qui se lèveront contre l’injustice, la misère, la gêne, l’humiliation, contre l’actuel système économique, social et politique, contre le sous-développement, la dépendance et leurs conséquences catastrophiques, pour réaliser le grand « coumbite » national que constituera la Révolution Démocratique Nationale et Populaire.

 175 ans de vie haïtienne ont prouvé que les classes dominantes étaient incapables et nullement désireuses de développer le pays, de promouvoir le progrès et la civilisation, de garantir à la Nation les droits élémentaires à la nourriture, au travail, à la santé, à l’éducation, à la souveraineté nationale. L’expérience a aussi montré que les couches moyennes au service des classes dominantes, ne sauraient faire face à cette tâche nationale. Seuls le prolétariat, la paysannerie et les autres couches populaires peuvent compter avec la volonté politique et l’énergie suffisante pour prendre en main cette tâche rédemptrice, développer les forces productives, faire œuvre de progrès et de civilisation et pousser la révolution démocratique et populaire vers les objectifs socialistes.

 La mission historique du PUCH, Parti de la classe ouvrière est d’en finir avec l’exploitation de l’homme et instaurer le communisme sur la terre d’Haïti, c’est-à-dire le règne de la justice, de l’abondance et du bonheur pour tous.

 Cependant, pour avancer vers les objectifs économiques, sociaux et politiques du socialisme et du communisme, il est indispensable que se réalise un certain niveau d’accumulation économique, de développement des forces productives et d’expériences de lutte politique des classes laborieuses. Ces conditions seront crées dans le cadre d’une révolution démocratique nationale et populaire qui représente une étape nécessaire dans la voie de l’établissement du socialisme en Haïti.

 Dans l’étape historique présente, la poursuite de cet objectif suprême passe donc par la Révolution Nationale Démocratique. La tâche actuelle du Parti est de se renforcer constamment et de mobiliser toutes les forces nationales dans ce grand combat qui se situe dans le prolongement des luttes héroïques entreprises par les esclaves de Saint Domingue pour forger la patrie haïtienne libre et souveraine, combat poursuivi sans répit par tous les démocrates, patriotes et révolutionnaires qui ont arrosé de leur sang, le sol haïtien, par tous ceux qui font de leur vie un combat pour la liberté de notre peuple.

 Notre Parti, fort de l’appui des masses et de tous les secteurs progressistes d’Haïti, fort de la solidarité du prolétariat international et des secteurs de progrès du monde entier, mènera jusqu’au bout cette grande tâche de libération et de construction d’une vie nouvelle sur la terre d’Haïti.

 

                                       UNE SEULE SOLUTION : LA REVOLUTION DEMOCRATIQUE NATIONALE ET POPULAIRE ETAPE VERS  LE SOCIALISME.

Le pays vit une étape de grandes revendications de masse. Les intérêts démocratiques de la classe ouvrière rejoignent ceux des larges masses. Aussi, les ouvriers doivent se battre coude à coude avec les autres couches populaires contre l’exploitation des classes dominantes liées à l’impérialisme, pour la révolution démocratique, nationale et populaire. Pour assurer la participation efficiente des masses populaires à ce combat, le PUCH se propose de tout mettre en œuvre pour se consolider, accumuler des forces et se transformer en un grand Parti des masses laborieuses.

 Pour cela, le PUCH, sur le plan tactique, doit, par la lutte pour la satisfaction des revendications économiques et politiques immédiates des masses populaires, instruire et mobiliser, unir et organiser les ouvriers, se rallier la paysannerie pauvre, les sous-prolétaires, les travailleurs indépendants et les patriotes progressistes en vue de lutter avec toutes les autres forces démocratiques et patriotiques pour le renversement de la dictature duvaliériste, la conquête des libertés démocratiques et l’amélioration des conditions de vie et de travail du peuple.

 L’application de cette ligne tactique permettra d’asseoir les bases de l’alliance révolutionnaire des classes et couches opprimées, de consolider dans une unité active, toutes les forces populaires patriotiques et nationales, et de créer ainsi les conditions de la constitution d’un Front d’ UNITE POPULAIRE, instrument indispensable du grand objectif stratégique : LA REVOLUTION DEMOCRATIQUE NATIONALE ET POPULAIRE, étape de transition dont l’objectif fondamental est d’établir les bases économiques, sociales et culturelles nécessaires au passage au socialisme.

 La Révolution sera DEMOCRATIQUE : parce qu’elle fera disparaître toutes les méthodes autocratiques et dictatoriales de gouvernement, garantira à tous les citoyens la véritable égalité et l’exercice réel des droits civils et politiques et assurera le contrôle rigoureux du peuple sur la gestion des affaires publiques ; NATIONALE parce qu’elle assurera le droit du peuple haïtien à choisir en toute indépendance son destin, mettra un terme à la domination néo-colonialiste, réalisera la libération politique, économique et culturelle, garantira la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale, favorisera le développement équilibré des diverses régions du pays et développera la solidarité du peuple haïtien avec toutes les forces progressistes du monde ;  POPULAIRE parce qu’elle mettra fin à la domination de l’oligarchie foncière et bourgeoise, stimulera la participation active des couches populaires à la vie politique, économique et sociale du pays, défendra en priorité les intérêts des travailleurs, réalisera de profondes transformations sociales au bénéfice de la grande majorité de la population.

 Pour liquider le pouvoir des propriétaires fonciers, de la bourgeoisie anti-nationale et des secteurs les plus corrompus et anti-nationaux des couches intermédiaires, libérer notre pays de la domination impérialiste et instaurer le régime démocratique, national et populaire, le Front d’unité Populaire en prenant le pouvoir appliquera le Programme suivant :

 1.- Instaurer un Etat Démocratique.

 2.- Promouvoir le développement économique sur la base de la Réforme Agraire et le développement de l’industrie

 nationale.

 3.- Améliorer les conditions de vie et élever le niveau de culture du peuple en général.

 4.- Suivre une politique de paix, de non-alignement et d’amitié avec tous les peuples.

 

 
                                                                          1.- INSTAURATION D’UN ETAT DEMOCRATIQUE.

 

L’Etat démocratique national et populaire est l’organisation du pouvoir du peuple. C’est un ensemble d’institutions et d’instruments efficaces aux mains des forces populaires et nationales pour détruire l’appareil d’Etat réactionnaire, contrecarrer les menées de la réaction, réaliser les profondes transformations économiques et sociales qui constituent les objectifs prioritaires de la révolution démocratique, nationale et populaire. La constitution de l’Etat démocratique exige l’adoption des mesures suivantes :

 a)      Dissoudre les organes de pouvoir de la dictature et les organismes de répression de l’Etat réactionnaire.

 b)      Désigner les nouveaux organes du pouvoir central et régional avec la participation et sous le contrôle des organisations représentatives du peuple.

 c)      Déléguer les fonctions législatives, exécutives et judiciaires aux organes représentatifs de la révolution démocratique, nationale et populaire.

 d)      Constituer une armée populaire où seront accueillis les militaires patriotes et mobiliser les masses pour la défense de la Révolution.

 e)      Elire une assemblée constituante chargée d’élaborer et de voter une Constitution démocratique définissant et garantissant les droits et les intérêts fondamentaux du peuple.

 f)        Elire les organes du pouvoir populaire prévus par la Constitution.

 g)      Réorganiser et démocratiser la justice.

 h)      Démocratiser la vie politique et sociale.

 i)        Défendre l’indépendance nationale.

 

2.- DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE SUR LA BASE DE LA REFORME AGRAIRE, INDUSTRIALISATION ET

      NATIONALISATION DU COMMERCE EXTERIEUR.

 Toute politique de développement d’Haïti repose nécessairement sur trois piliers : la Réforme Agraire, le Développement de l’Industrie Nationale et la Nationalisation du Commerce Extérieur.

 A.- Réforme Agraire au Bénéfice des Travailleurs des Campagnes.

 Le principe fondamental de Réforme Agraire qu’appliquera la révolution est « la terre à ceux qui la travaillent ». C’est le moyen d’éliminer le pouvoir des propriétaires fonciers, base sociale de la réaction. Pas de démocratie en Haïti sans une Réforme Agraire. Cette réforme visera à :

 -         supprimer les relations semi-féodales pour les remplacer par des relations plus progressistes ; détruire la domination impérialiste dans l’agriculture ; développer et moderniser les moyens de production et transformer le cadre de vie des travailleurs ruraux.

 Pour réaliser cette Réforme Agraire il faut :

-         Récupérer toutes les terres appartenant aux grands propriétaires fonciers absentéistes et les remettre immédiatement à des collectifs de paysans pauvres.

 -        Limiter la propriété foncière suivant la position, la nature des terrains, les types de culture, le poids relatif de la paysannerie dans la région, en accord avec les organisations paysannes.

 -        Récupérer par la négociation ou la nationalisation, les terres ou parties du territoire exploitées ou détenues par les intérêts impérialistes.

 -         Combattre toutes les formes féodales d’exploitation des paysans (corvée, rente féodale, dettes usuraires, domesticité) et les remplacer par la coopérative ou par le salariat.

 -         Respecter la propriété des petits et moyens exploitants, garantir l’inaliénabilité des terres, leur indivisibilité et le droit d’héritage.

 -         Promouvoir un mouvement coopératif parmi les paysans par la mise en œuvre de moyens capables de les convaincre des avantages de la coopération et par l’octroi de crédits, d’engrais et d’assistance technique.

 -         Créer dans l’agriculture un secteur d’Etat efficace et moderne qui doit être à la pointe de la politique agricole.

 -         Encourager la formation de comités de paysans chargés de stimuler l’application de la réforme agraire.

 -         Moderniser l’agriculture en particulier les entreprises de l’Etat et les coopératives par l’introduction de techniques nouvelles, par la concentration et la diversification de la production agricole.

 -         Améliorer et développer l’élevage et la pisciculture.

 -         Eliminer la spéculation, le parasitisme, les monopoles privés d’achat et de vente des produits agricoles et réorganiser l’appareil de commercialisation de ces produits.

 -         Construire un système routier permettant d’intégrer la population rurale au développement économique et social du pays.

 -         Rationaliser et étendre le système d’irrigation, reboiser les normes en vue de combattre l’érosion et la sécheresse.

 -         Entretenir et utiliser rationnellement le système hydrographique pour assurer le développement du pays et l’embellissement du paysage haïtien.

 B.- Développement Industriel.

 Notre politique économique vise fondamentalement à l’industrialisation qui mettra en valeur nos ressources naturelles en fonction des intérêts de la Nation et du peuple, contribuera à la libération économique et à la création des bases matérielles du passage au socialisme.

 Cette politique exige les mesures suivantes :

 -         Réglémenter, contrôler, nationaliser selon le cas les entreprises industrielles, financières et commerciales de l’impérialisme installées dans le pays.

 -         Dénoncer et rejeter les contrats secrets ainsi que les concessions économiques à caractère asservissant conclu sur le dos du peuple au bénéfice des monopoles étrangers.

 -         Négocier avec les représentants des corporations économiques du capitalisme international désireux d’investir en Haïti des modalités d’opération garantissant un strict contrôle d’ Etat, l’obligation de traiter sur place les matières premières locales, de réinvestir une part importante des profits et le droit pour l’Etat haïtien de racheter les entreprises étrangères.

 -         Créer avec les entreprises nationalisées et les nouvelles entreprises fondées par l’Etat démocratique, national et populaire un secteur industriel d’Etat qui devra constituer un secteur de pointe pour le développement industriel.

 -         Créer une banque centrale de crédit et de développement accessible à toutes les communautés paysannes, aux collectifs de travailleurs indépendants et aux entrepreneurs nationaux.

 -         Renégocier la dette publique et conclure avec les Nations et les peuples amis, des emprunts financiers à des taux d’intérêts raisonnables qui ne soient pas associés à des conditions de dépendance politique ou économique.

 -         Investir de façon rationnelle et la plus productive possible l’aide financière et technique accordée au peuple haïtien.

 -         Etablir les mécanismes de participation des collectifs de travailleurs à la gestion des entreprises du secteur d’Etat.

 -         Promouvoir le développement d’entreprises privées, nationales et d’entreprises mixtes dans le cadre de plans à long terme actionnés par l’Etat.

 -         Développer les ressources énergétiques de façon à satisfaire les besoins croissants en énergie de la population et de l’industrie nationale.

 

 C.- NATIONALISATION DU COMMERCE EXTERIEUR ET REFORME PROFONDE DES FINANCES ET

       SERVICES PUBLICS

 -         Etablir des relations commerciales avec toutes les Nations sur la base d’avantage réciproques.

 -         Nationaliser le commerce d’exportation et d’importation et multiplier les magasins de l’Etat (régies) pour la vente en gros des biens de consommation de masse et de régularisation des prix.

 -         Contrôler et moderniser le système de commercialisation et de marchés internes pour une distribution rationnelle des vivres à l’échelle nationale.

 -         Mettre le trésor public au service du développement national par l’instauration d’une politique qui grève les grandes fortunes et les hauts revenus, allège la charge impositive des producteurs et consommateurs.

 -         Réformer le système monétaire dans le but d’affranchir la gourde de sa dépendance vis à vis du dollars et du joug du Fonds Monétaire International, d’adapter ce système aux nécessités d’une politique de développement.

 -         Organiser un système planifié de transport routier et aérien de cabotage et de voies ferrées.

 -         Utiliser les moyens modernes de communication de masse (cinéma, téléphone, radio, télévision) afin de faciliter l’intégration de toute la population à la vie politique, économique et sociale du pays.

 

 3.- AMELIORER LES CONDITIONS DE VIE ET ELEVER LE NIVEAU DE CULTURE DU PEUPLE.

 

 L’un des objectifs fondamentaux de la révolution démocratique, nationale et populaire est de changer complètement la vie sociale en Haïti. C’est d’ailleurs à cette condition que les masses populaires peuvent s’intéresser directement à la défense et à l’approfondissement de cette révolution. La démocratie politique et le développement économique faciliteront l’amélioration des conditions de vie et l’élévation du niveau de culture du peuple.

 En retour, l’amélioration des conditions de vie sociale stimulera le progrès économique et raffermira la démocratie ; la politique sociale et culturelle de l’Etat démocratique, nationale et populaire consistera dans l’application des mesures suivantes :

 A.- POLITIQUE DE TRAVAIL.

 -         Créer des emplois dans l’industrie, l’agriculture et les services selon un plan systématique de lutte contre le chômage et garantir la sécurité de l’emploi.

 -         Mobiliser systématiquement la nombreuse main d’œuvre haïtienne vers la réalisation de grands travaux publics, d’œuvres d’infrastructure.

 -         Promouvoir la participation de la classe ouvrière à la discussion et la prise de position sur toutes les questions publiques.

 -         Introduire le principe de l’échelle mobile des salaires en tenant compte de la rentabilité des entreprises.

 -         Assurer aux travailleurs le droit de s’organiser en syndicats et de participer de façon croissante à toutes les activités tendant à garantir leurs intérêts et leur plus grande participation économique sociale, politique et culturelle.

 -         Organiser un système de sécurité sociale placé directement sous le contrôle des travailleurs qui garantira de façon effective l’assistance en cas de maladie, d’accident, d’invalidité, de vieillesse et de maternité.

 

 B.- POLITIQUE DE SANTE.

 

 -         Améliorer la qualité des soins dispensés à la population.

 -         Exploiter de façon scientifique les connaissances de la médecine populaire.

 -         Multiplier dans les délais les plus brefs, les hôpitaux, dispensaires et cliniques au service de la population et doter toutes les installations de santé de l’équipement nécessaire à leur fonctionnement.

 -         Tout mettre en œuvre pour multiplier la formation et la disponibilité de personnel médical et hospitalier au service de la population sur tout le territoire particulièrement dans les zones rurales.

 -         Promouvoir l’hygiène publique, la médecine préventive et les soins médicaux gratuits aux masses populaires.

 

 C.- PROTECTION DE LA MATERNITE ET DE LA FAMILLE.  EGALITE DE LA FEMME.

 

 -         Reconnaître la fonction sociale de la maternité et la protéger par des mesures adéquates sur le plan juridique, économique et social.

 -         Garantir l’assistance médicale et hospitalière gratuite et généralisée et les congés maternités à toutes les femmes en état de grossesse.

 -         Garantir la pleine égalité juridique et sociale de la femme par l’abolition des dispositions de loi et pratiques qui dans le mariage assimilent la femme à un mineur et la discrimine dans le divorce.

 -         Garantir tous les avantages sociaux aux mères célibataires et reconnaître le libre droit à l’avortement.

 -         Reconnaître les mêmes droits et les mêmes responsabilités au père et à la mère de l’enfant.

 -         Garantir à l’enfant le droit au foyer, à la nourriture, à la santé et à l’éducation par l’établissement d’un système de crèches, de pensions et d’assistance sociale assuré par l’Etat.

 -         Protéger effectivement les enfants par l’abolition de la situation de « restavèk », la prohibition des travaux pénibles et aliénants et l’interdiction stricte d’emprisonner des mineurs.

 

 D.- POLITIQUE DE LOGEMENT.

  -         Eliminer la spéculation immobilière et réglementer la location des logements à prix modiques pour les travailleurs des villes et des campagnes.

 -         Accorder des prêts à des collectifs de travailleurs ou à des travailleurs individuels pour la construction ou la réparation de leurs logements.

 -         Construire systématiquement et en masse des logements confortables pour les travailleurs des villes et pour les paysans dans une campagne nationale pour l’élimination des taudis.

 -         Rationaliser le peuplement rural par la construction de villages modernes dotés des services éducatifs, hospitaliers, électrique et de système d’eau afin de faciliter le progrès de la paysannerie.

 

 E.- EDUCATION ET CULTURE.

 

 -         Déclencher, une révolution culturelle qui permette à notre peuple de rattraper sur le plan de l’éducation le retard séculaire dans lequel l’a maintenu le régime d’oppression.

 -         Alphabétiser tout le peuple et créer un système de formation permanente des adultes.

 -         Etablir un réseau d’établissements scolaires publics et l’élargir constamment en fonction des besoins de la population.

 -         Rendre obligatoire et effective la scolarisation des enfants entre 6 et 14 ans et faciliter l’accès des écoles secondaires, techniques et supérieures aux fils d’ouvriers et de paysans.

 -         Réformer et moderniser le système d’enseignement en vue de faciliter la formation professionnelle et technique, et l’épanouissement culturel de la population.

 -         Utiliser les moyens de communications de masse au service de l’éducation politique et culturelle du peuple.

 -         Promouvoir la culture nationale authentique par la défense et l’enrichissement du patrimoine culturel national et l’encouragement des créations scientifiques, littéraires et artistiques au service du peuple.

 -         Décentraliser le système d’enseignement universitaire pour le rendre accessible à l’ensemble de la population.

 -         Mettre sur pied une politique de loisirs et de développement massif des sports au bénéfice des travailleurs et de la jeunesse.

 -         Promouvoir la science et la technologie en fonction des besoins du développement économique et l’épanouissement intellectuel du peuple.

 -         Populariser l’apprentissage de l’espagnol et de l’anglais pour une meilleure intégration d’ Haïti au sein de la Caraïbe et du Continent.

 

 4.- SUIVRE UNE POLITIQUE DE NON_ALIGNEMENT, DE PAIX ET D’AMITIE AVEC TOUS LES PEUPLES.

 

Le succès de la révolution démocratique, nationale et populaire est lié à un changement radical dans la politique extérieure. Cette politique extérieure doit se libérer du joug de l’impérialisme, prendre résolument partie pour le non-alignement, se rapprocher des Etats en lutte pour le respect de l’indépendance nationale et la défense de la paix dans le monde. Cette politique extérieure se fera à partir des principes suivants :

 -         Etablir des relations diplomatiques et culturelles avec tous les pays sur la base du respect mutuel, de la souveraineté et de l’auto-détermination des peuples.

 -         Etablir des liens de solidarité avec tous les peuples de l’Afrique et en général avec tous les peuples opprimés en lutte pour la libération nationale et sociale.

 -         Participer de façon active à toute politique de coopération et d’intégration régionale destinée à renforcer le développement économique indépendant des pays des Caraïbes, et à développer des liens fraternels entre le peuple haïtien et tous les autres peuples de la région et particulièrement le peuple dominicain.

 -         Défendre la non intervention, l’autodétermination des peuples et la paix mondiale.

 Les succès dans la mobilisation politique et idéologique des masses, pour la défense de la révolution et pour la construction des bases du socialisme définiront en définitive les conditions du passage de la révolution démocratique, nationale et populaire à la révolution socialiste et à l’implantation du communisme en Haïti, qui demeure l’objectif suprême de la lutte de la classe ouvrière et de notre Parti Unifié des Communistes Haïtiens. 

 L’application de ce programme politique et son élargissement constant dépendront du degré de mobilisation et de décision de la classe ouvrière et des autres forces révolutionnaires réunies au sein du Front d’Unité Populaire. Ils dépendront aussi de la capacité de direction et d’alliance politique du Parti et du niveau d’appui et de solidarité internationale qu’aura suscité la révolution populaire, démocratique et nationale.

 Notre Parti est décidé à tout mettre en œuvre pour promouvoir et consolider sans cesse l’union de toutes les catégories sociales, objectivement intéressées à la révolution. Il lance un fervent appel  tous les secteurs, groupes et individus animés de sentiments progressistes et décidés à lutter épaule contre épaule avec nous pour le sauvetage de la patrie.

 Peuple travailleur, ouvriers exploités, paysans bafoués, intellectuels brimés, étudiants démunis, petits fonctionnaires aux abois, militaires déclassés, artisans sans moyens, chômeurs sans lendemain, femmes sans appui, jeunes gens sans avenir, tous les exploités et opprimés d’Haïti unis sous la bannière du Parti Unifié des Communistes Haïtiens.