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Le Nouvelliste, Lundi 30 mars 1942

 

«J’aime beaucoup les théologiens. Ils ont souvent, parés de la grâce subtile de la casuistique, la plus fine intelligence. Discuter avec un prêtre, homme d’esprit, peut être un rare délice. Rare, non point à cause du nombre des prêtres.

            «Le Révérend Père Foisset répond à mon article sur les superstitions. Théologien, il me donne une leçon d’ethnologie. Ethnologue, je me garderai bien de lui remontrer en théologie. Le procédé conduirait trop loin. Le Père Foisset finirait par enseigner l’anthropologie pré-historique à l’Institut d’Ethnologie, et moi, le droit canon à l’Ecole Apostolique.

            « Il me plait de rendre hommage à la courtoisie du Père Foisset. Elle rompt avec une antique tradition, celle de la véhémente imprécation chrétienne qui va de Tatien à ce curé du Nord, qui tout dernièrement assenait à notre confrère Le Matin une furibonde goupillonade.

            « Ce Tatien était un saint personnage. Il attaqua Platon, Aristote, Pythagore, Empédocles, Héraclite et Crescens… Il les traita de goinfre, flatteur, gatteur, coprophage, lâche, vaniteux et pédérasque.

            «Le Père Foisset désavoue, certainement, de telles manifestations de décisifs ‘odium théologicum’. C’est un galant homme.