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Initiation à la philosophie marxiste

Tous les membres, militants, sympathisants du Parti marxiste Léniniste NouveauParti Communiste Haïtien ( Marxiste-Léniniste)doivent avoir lu : Les Principes élémentaires de philosophie de Georges Politzer
Au prime à bord, il y a le monde qui nous entoure, ce que nous voyons….ce que nous appelons le monde extérieur. En second lieu il y a ce qui se passe dans notre tête, ce que nous appelons nos idées, nos pensées
Existe-t-il deux mondes ? Celui  de la matière et celui de l’esprit (imagination)? Quel rapport y a-t-il entre ces deux façons de voir le monde ?
 Pour les matérialistes il y a un seul monde, il est matériel et l’esprit en est un produit et un aspect.
La question est d’importance : s’il y a qu’un seul monde, matériel, et a un fonctionnement que nous pouvons connaître, comprendre et maîtriser (s’il ne dépend pas d’influences magiques ou spirituelles), alors nous pouvons aussi prétendre le transformer, y compris la société, sur base de la connaissance scientifique. Or agir sur le monde, les hommes font cela depuis qu’ils sont hommes. La position philosophique du matérialisme est la philosophie naturelle des travailleurs, depuis ceux qui ont taillé des silex, cultivé des plantes sélectionnées, inventé la roue, jusqu’aux travailleurs d’aujourd’hui.
Le matérialisme contre l'idéalisme
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Le matérialisme et la connaissance


La méthode dialectique contre la vision métaphysique


Le matérialisme historique

Deux  théoriciens de génie, Karl Marx et Friedrich Engels , fondateurs du communisme scientifique, ont créé au siècle dernier une science révolutionnaire appelée non seulement  à expliquer correctement  le monde , mais  aussi à le modifier. Ils  ont formulé l’idée  du rôle  dirigeant  du parti  communiste , avant  - garde  la plus consciente des travailleurs , dans la révolution  socialiste , dans l’édification  du socialisme  et du communisme .

50 vérités sur les sanctions économiques des États-Unis contre Cuba
 Salim Lamrani
Opera Mundi
 
            La visite de la star étasunienne de la chanson Beyonce et de son mari Jay-Z à La Havane a relancé la polémique sur le maintien des sanctions contre Cuba, en vigueur depuis plus d’un demi-siècle. Voici quelques données sur l’état de siège économique le plus long de l’histoire.
 
1.      Les premières sanctions économiques ont été imposées à Cuba en 1960 par l’administration républicaine de Dwight D. Eisenhower, officiellement en raison du processus de nationalisations entrepris par le gouvernement révolutionnaire de Fidel Castro.
 
2.      En 1962, le gouvernement démocrate de John F. Kennedy a appliqué des sanctions économiques totales contre l’île.
 
3.      L’impact a été terrible. Les Etats-Unis ont en effet toujours constitué le marché naturel de Cuba. En 1959, 73% des exportations se faisaient vers le voisin du Nord et 70% des importations provenaient de ce territoire.
 
4.      Désormais, Cuba ne peut rien importer ou exporter aux Etats-Unis. Depuis 2000, suite aux pressions du lobby agricole étasunien qui cherchait de nouveaux marchés pour ses excédents, La Havane est autorisée à acheter certaines matières premières alimentaires, à des conditions draconiennes.
 
5.      La rhétorique diplomatique pour justifier le durcissement de cet état de siège économique a évoluée au fil des ans. Entre 1960 et 1990, les Etats-Unis ont d’abord évoqué le cas des expropriations de ses entreprises pour justifier leur politique hostile vis-à-vis de La Havane. Ensuite, Washington a évoqué tour à tour l’alliance avec l’Union soviétique, le soutien aux guérillas latino-américaines en lutte contre les dictatures militaires et l’intervention cubaine en Afrique pour aider les anciennes colonies portugaises à obtenir leur indépendance et à la défendre.
 
6.      En 1991, suite à l’effondrement du bloc soviétique, les Etats-Unis, au lieu de normaliser les relations avec Cuba, ont au contraire choisi d’accroitre les sanctions en invoquant la nécessité de rétablir la démocratie et le respect des droits de l’homme.
 
7.      En 1992, sous l’administration Bush Sr., le Congrès des Etats-Unis a adopté la loi Torricelli qui accroit les sanctions contre la population cubaine et leur donne un caractère extraterritorial, c’est-à-dire contraire à la législation internationale.
 
8.      Le droit international interdit à toute loi nationale d’être extraterritoriale, c’est-à-dire de s’appliquer au-delà des frontières du pays. Ainsi, la loi française ne peut pas s’appliquer en Allemagne. La législation brésilienne ne peut pas s’appliquer en Argentine. Néanmoins, la loi Torricelli s’applique pour tous les pays du monde.
 
9.      Ainsi, depuis 1992, toute embarcation étrangère – quelle que soit sa provenance – accostant à un port cubain se voit interdire l’entrée aux Etats-Unis pendant six mois.
 
10.  Les entreprises maritimes opérant dans la région privilégient le commerce avec les Etats-Unis, premier marché mondial. Cuba, qui dépend essentiellement du transport maritime en raison de son insularité, doit payer un prix bien supérieur à celui du marché pour convaincre les transporteurs internationaux de livrer de la marchandise sur l’île.
 
11.  La loi Torricelli prévoit également des sanctions pour les pays qui apportent une assistance à Cuba. Ainsi, si la France ou le Brésil octroient une aide de 100 millions de dollars à l’île, les États-Unis diminuent leur aide à ces nations à hauteur du même montant.
 
12.  En 1996, l’administration Clinton a adopté la loi Helms-Burton qui est à la fois extraterritoriale et rétroactive, c’est-à-dire qu’elle s’applique pour des faits survenus avant l’adoption de la législation, ce qui est contraire au droit international.
 
13.  Le droit international interdit à toute législation d’avoir un caractère rétroactif. Par exemple, en France, depuis le 1er janvier 2008, il est interdit de fumer dans les restaurants. Néanmoins, un fumeur qui aurait consommé une cigarette le 31 décembre 2007 lors d’un repas ne peut être sanctionné pour cela, car la loi ne peut pas être rétroactive.
 
14.  La loi Helms-Burton sanctionne toute entreprise étrangère qui s’installerait sur les propriétés nationalisées appartenant à des personnes qui, au moment de l’étatisation, disposaient de la nationalité cubaine, violant ainsi le droit international.
 
15.  , La loi Helms-Burton viole également le droit étasunien qui stipule que les poursuites judiciaires auprès de tribunaux ne sont possibles que si la personne lésée par un processus de nationalisations est citoyen étasunien lors de l’expropriation et que celle-ci s’est déroulée en violation au droit international public. Or, aucune de ces deux conditions n’est remplie.
 
16.  La loi Helms-Burton a pour effet de dissuader de nombreux investisseurs de s’installer à Cuba par crainte d’être poursuivis par la justice étasunienne et elle se révèle très efficace.
 
17.  En 2004, l’administration Bush Jr. a créé la Commission d’assistance à une Cuba libre, qui a imposé de nouvelles sanctions contre Cuba.
 
18.  Cette Commission a notamment fortement limité les voyages. Tous les habitants des Etats-Unis peuvent se rendre dans leur pays d’origine autant de fois qu’ils le souhaitent, sauf les Cubains. En effet, entre 2004 et 2009, les Cubains des Etats-Unis n’ont pu se rendre dans l’île que 14 jours tous les trois ans, dans le meilleur des cas, à condition d’obtenir une autorisation du Département du Trésor.
 
19.  Pour pouvoir voyager, il fallait démontrer qu’au moins un membre de la famille vivait toujours à Cuba. Néanmoins, l’administration Bush a redéfini le concept de la famille, qui s’est exclusivement appliqué aux Cubains. Ainsi, les cousins, neveux, oncles et autres parents proches ne faisaient plus partie de la famille. Seuls les grands-parents, parents, frères et sœurs, enfants et époux faisaient partie de l’entité familiale, selon la nouvelle définition. Par exemple, un Cubain résidant aux États-Unis ne pouvait pas rendre visite à sa tante à Cuba, ni envoyer une aide financière à son cousin.
 
20.  Les Cubains ayant pu remplir toutes les conditions pour se rendre dans leur pays d’origine, en plus de devoir limiter leur séjour à deux semaines, ne devaient pas dépenser plus de 50 dollars par jour sur place.
 
21.  Les citoyens ou résidants étasuniens peuvent envoyer une aide financière à leur famille restée au pays, sans limite de montant, sauf les Cubains qui ne pouvaient pas envoyer plus de 100 dollars par mois entre 2004 et 2009.
 
22.  Néanmoins, si un Cubain de Floride souhaitait envoyer de l’argent à sa mère – membre direct de la famille selon la nouvelle définition – qui vivait à La Havane, cela devenait impossible si celle-ci militait au sein du Parti communiste.
 
23.  En 2006, la Commission d’assistance à une Cuba libre a adopté un nouveau rapport accroissant les restrictions contre Cuba.
 
24.  Dans le but de limiter la coopération médicale cubaine avec le reste du Monde, les Etats-Unis interdisent toute exportation d’appareils médicaux à des pays tiers « destinés à être utilisés dans des programmes à grande échelle [pour] des patients étrangers », alors que la majeure partie de la technologie médicale mondiale est d’origine étasunienne.
 
25.  En raison de l’application extraterritoriale des sanctions économiques, un fabriquant d’automobiles japonais, allemand, coréen ou autre, qui souhaiterait commercialiser ses produits sur le marché étasunien, doit démontrer au Département du Trésor que ses voitures ne contiennent pas un gramme de nickel cubain.
 
26.  De la même manière, un pâtissier français qui désirerait investir le premier marché économique mondial doit prouver à cette même entité que sa production ne contient pas un gramme de sucre cubain.
 
27.  Ainsi, le caractère extraterritorial des sanctions limite fortement le commerce international de Cuba avec le reste du monde.
 
28.  Parfois, l’application de ces sanctions prend une tournure moins rationnelle. Ainsi, tout touriste étasunien qui consommerait un cigare cubain ou un verre de rhum Havana Club lors d’un voyage à l’étranger, en France, au Brésil ou au Japon, risque une amende d’un million de dollars et dix années de prison.
 
29.  Le Département du Trésor est clair à ce sujet : « On se demande souvent si les citoyens américains peuvent légalement acquérir des biens cubains, y compris du tabac ou des boissons alcoolisées, dans un pays tiers pour leur consommation personnelle en dehors des Etats-Unis. La réponse est non ».
 
30.  De la même manière, un Cubain vivant en France ne peut théoriquement pas manger un hamburger à Mc Donald’s.
 
31.  Les sanctions économiques ont un impact dramatique dans le domaine de la santé. En effet, près de 80% des brevets déposés dans le secteur médical sont du fait des multinationales pharmaceutiques étasuniennes et de leurs filiales, et Cuba ne peut pas y avoir accès. Le Haut-commissariat aux droits de l’homme des Nations unies souligne que « les restrictions imposées par l’embargo ont contribué à priver Cuba d’un accès vital aux médicaments, aux nouvelles technologies médicales et scientifiques ».
 
32.  Le 3 février 2006, une délégation de seize fonctionnaires cubains, réunie avec un groupe de chefs d’entreprise étasuniens, a été expulsée de l’hôtel Sheraton María Isabel de la capitale mexicaine, en violation de la loi mexicaine qui interdit tout type de discrimination en raison de l’origine ou de la race.
 
33.  En 2006, l’entreprise japonaise Nikon a refusé de remettre le premier prix – un appareil photographique – à Raysel Sosa Rojas, un jeune garçon de 13 ans souffrant d’hémophilie héréditaire incurable qui avait remporté le XVe concours international de dessin d’enfant du Programme des Nations unies pour l’environnement. La multinationale nippone a expliqué que l’appareil numérique ne pouvait être remis au jeune Cubain car il contenait des composants étasuniens.
 
34.  En 2007, la banque autrichienne Bawag, rachetée par un fond étasunien, a fermé tous les comptes tenus par près d’une centaine de clients d’origine cubaine résidant dans la république alpine, appliquant ainsi de manière extraterritoriale la législation étasunienne dans un pays tiers.
 
35.  En 2007, la banque Barclays a ordonné à ses filiales de Londres de fermer les comptes de deux entreprises cubaines : Havana International Bank et Cubanacán, suite aux pressions exercées par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers (Office of Foreign Assets Control, OFAC) du Département du Trésor.
 
36.  En juillet 2007, la compagnie aérienne espagnole Hola Airlines, qui disposait d’un contrat avec le gouvernement cubain pour transporter les patients atteints de maladies oculaires dans le cadre de l’Opération Milagro, a dû mettre un terme à ses relations avec Cuba. En effet, lorsqu’elle a sollicité le fabricant étasunien Boeing pour effectuer des réparations sur un appareil, ce dernier a exigé comme condition préalable que Hola Airlines rompe ses relations avec l’île des Caraïbes, précisant que la directive émanait du gouvernement des États-Unis.
 
37.  Le 16 décembre 2009, le Crédit Suisse a reçu une amende de 536 millions de dollars de la part du Département du Trésor pour avoir effectué des transactions financières en dollars avec Cuba.
 
38.  En juin 2012, la Banque néerlandaise ING s’est vue infliger la plus importante sanction jamais dictée depuis le début de l’état de siège économique contre Cuba. Le Bureau de contrôle des biens étrangers (OFAC) du Département du Trésor a sanctionné l’institution financière d’une amende de 619 millions de dollars pour avoir effectué, entre autres, des transactions en dollars avec Cuba, à travers le système financier étasunien.
 
39.  Les touristes étasuniens peuvent se rendre en voyage en Chine, principal rival économique et politique des Etats-Unis, au Vietnam, pays contre lequel Washington a été plus de quinze ans en guerre, ou en Corée du Nord, qui possède l’arme nucléaire et qui menace d’en faire usage, mais pas à Cuba qui, dans son histoire, n’a jamais attaqué les Etats-Unis.
 
40.  Tout citoyen étasunien qui violerait cette interdiction risque une peine pouvant aller jusqu’à 10 ans de prison et 1 million de dollars d’amende.
 
41.  Suite aux sollicitations de Max Baucus, sénateur du Montana, le Département du Trésor a informé avoir réalisé, entre 1990 et 2004, quatre-vingt treize investigations en rapport avec le terrorisme international. Dans le même temps, il en a effectué 10 683 « pour empêcher les Nord-américains d’exercer leur droit de voyager à Cuba ».
 
42.  Dans un rapport, le Bureau de responsabilité gouvernementale des États-Unis (United States Government Accountability Office – GAO) note que les services douaniers (Customs and Border Protection – CBP) de Miami ont réalisé des inspections « secondaires » sur 20% des passagers en provenance de Cuba afin de vérifier que ces derniers n’importaient pas de cigares, de l’alcool ou des produits pharmaceutiques de l’île. En revanche, la moyenne a été de 3% seulement pour les autres voyageurs. Selon le GAO, cette focalisation sur Cuba « réduit l’aptitude des services douaniers à mener sa mission qui consiste à empêcher les terroristes, les criminels et les autres étrangers indésirables d’entrer dans le pays ».
 
43.  Les anciens présidents James Carter et William Clinton ont exprimé à plusieurs reprises leur opposition à la politique de Washington. « Je n’ai eu de cesse de demander à la fois publiquement et en privé la fin de notre blocus économique contre le peuple cubain, la levée toutes les restrictions financières, commerciales et de voyage », a déclaré Carter après son second voyage à Cuba en mars 2011. Pour Clinton, la politique de sanctions « absurde » s’est soldée par un « échec total ».
 
44.  La Chambre de commerce des États-Unis, représentant le monde des affaires et les plus importantes multinationales du pays, a également fait part de son opposition au maintien des sanctions économiques.
 
45.  Le New York Times a condamné « un anachronisme de la guerre froide ».
 
46.  Le Washington Post, pourtant d’obédience conservatrice, se montre le plus virulent à l’égard de la politique cubaine de Washington : « La politique des Etats-Unis à l’égard de Cuba est un échec […]. Rien n’a changé, excepté le fait que notre embargo nous rend plus ridicule et impuissant que jamais ».
 
47.  L’opinion publique étasunienne est également majoritairement favorable à une normalisation des relations entre Washington et La Havane. Selon un sondage réalisé par CNN le 10 avril 2009, 64% des citoyens étasuniens s’opposent aux sanctions économiques contre Cuba.
 
48.  Selon l’entreprise Orbitz Worldwide, l’une des deux plus importantes agences de voyages sur Internet, 67% des habitants des États-Unis souhaitent se rendre en vacances à Cuba et 72% pensent que « le tourisme à Cuba aurait un impact positif sur la vie quotidienne du peuple cubain ».
 
49.  Plus de 70% des Cubains sont nés sous cet état de siège économique.
 
50.  En 2012, lors de la réunion annuelle de l’Assemblée générale des Nations unies, 188 pays sur 192 ont condamné pour la 21ème fois consécutive les sanctions économiques imposées à Cuba.
 
Pour approfondir le sujet :
-Salim Lamrani, État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011.
-Salim Lamrani, The Economic War against Cuba, New York, Monthly Review Press, 2013.
 
Docteur ès Etudes Ibériques et Latino-américaines de l’Université Paris Sorbonne-Paris IV, Salim Lamrani est Maître de conférences à l’Université de la Réunion, et journaliste, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis.
Son dernier ouvrage s’intitule État de siège. Les sanctions économiques des Etats-Unis contre Cuba, Paris, Éditions Estrella, 2011 (prologue de Wayne S. Smith et préface de Paul Estrade).
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PARTI COMMUNISTE DU BENIN (P.C.B)
01 B.P. 2582 Recette Principale Cotonou (Rép. du Bénin)
Tél. :21 30 03 22/97 98 35 65 – Site : www.la-flamme.org DECLARATION DU BUREAU POLITIQUE
A PROPOS DES RÈCENTS MOUVEMENTS ÈTUDIANTS
Les récents mouvements de 20 mai sur le campus de Parakou, activement soutenus par les campus de Calavi, Porto-Novo, Aplahoué, a suscité de la part des autorités du pouvoir décrépit de Boni Yayi ainsi que de certains journalistes de violentes attaques et condamnations des étudiants. Le Recteur de l’Université de Parakou, le sieur Barthélémy Biao était aux avant postes pour crier au vandalisme et à la casse de la part des étudiants. Le ministre de l’enseignement supérieur, François Abiola reprend évidemment le même cri et exigera plus tard des excuses publiques de la part des organisations estudiantines. Léon Bio Bigou, secrétaire général de l’université d’Abomey- Calavi condamnera le mouvement de solidarité des étudiants d’Abomey-Calavi envers leurs collègues de Parakou. Il ira jusqu’à dire que l’université de Parakou n’étant pas une section de celle de Calavi, les étudiants de Calavi n’ont pas de raison de marquer par des grèves leur solidarité envers leurs collègues de Parakou. Et ceci, de la part d’un universitaire sensé être un humaniste universaliste et qui par surcroît dans notre pays pérore à tout propos au sujet de l’unité nationale.
Le cri de haine de tous ces hauts-bourgeois contre les étudiants est repris par les journalistes au service de la réaction. Sur les chaines de télévision et de radio, on met en exergue le vandalisme, les casses ; on crie à l’anarchie ; mais on tait ou on occulte la chronologie des faits ; on tait les fusillades à balles éelles sur les étudiants ; on ridiculise les exigences légitimes des étudiants présentés comme des fous qui sans raison se seraient mis à casser.
La violence de ces attaques contre la jeunesse et qui couvre les assassins qui ont donné l’ordre de tirer à balles réelles sur des manifestants a poussé le Parti Communiste du Bénin à entreprendre des enquêtes afin de restituer la chronologie des faits, de définir ainsi logiquement les causes et effets, de situer les responsabilités pour des conclusions.
Voici la chronologie des faits : Depuis le vendredi 17 mai 2013, les étudiants de Parakou manifestaient pour : la qualité et la quantité des prestations du Centre des œuvres universitaires au niveau de la restauration, le contrôle des vivres et des services des transports ; le payement des bourses et secours universitaires ainsi que la réfection des bâtiments et les moustiquaires aux étudiants résidents etc..... Le silence des autorités a poussé les étudiants à bloquer le restaurant et faire manger gratuitement leurs camarades. Par la suite les étudiants ont adressé aux autorités une motion de grève pour le lundi 20 mai 2013. Mais, la veille du mouvement, Armand Natta, directeur du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales de Parakou (COUS/P) avec Yaya Aboubacar, DPP du ministère de l’enseignement supérieur tentent de rencontrer Roger Gnarigo, président de l’UNEUP (Union Nationale des Etudiants de l’Université de Parakou). Ils invitent une première fois Roger Gnarigo dans un bar « Le moment», mais ce dernier décline leur offre. Invité une seconde fois, Gnarigo leur donne rendez- vous sur le campus en leur précisant que les affaires des étudiants ne se règlent pas dans un bar mais plutôt sur les lieux de travail des étudiants. Mais au lieu de la négociation attendue, c’est la police qui est débarquée sur le campus, appréhende le responsable étudiant Roger Gnarigo et le bastonne devant ses camarades. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Révoltés, les étudiants ont riposté à la police et ont déversé leur colère sur les symboles et attributs des autorités de l’Université de Parakou, véhicules, bureaux. La police sous les ordres du préfetAliYérimaetdumaireSouléAllagbé aalorsenvahil’université.Elleatirésanspitiéetàballesréellessur les étudiants. Cinq étudiants au moins ont été atteints dont deux gravement. De nombreux étudiants ont été arrêtés. Les jours suivants, les étudiants ont poursuivi les protestations dans la ville de Parakou contre la violation flagrante des franchises universitaires, contre la répression policière et pour exiger la libération de leurs camarades arrêtés (plus d’une vingtaine).
Aussitôt l’information de la répression du mouvement étudiant à Parakou reçue, les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi, à l’appel de l’UNSEB ont déclenché des actions de soutien à leurs collègues. Ainsi les cours et examens sur les campus d’Abomey-Calavi, de Porto-Novo, d’Aplahoué, de Cotonou-Gbégamey ont été arrêtés ou perturbés dans la journée du mardi 21 mai. Les autorités ont fait envahir les campus par la police.
A Parakou, la pression et le bon droit des étudiants ont permis la libération de tous les étudiants arrêtés à l’exception de Roger Gnarigo, alors que manifestement il ne pouvait avoir participé aux actes intervenus après son arrestation.
Quelles observations suggèrent ces faits ?
1- L’origine et la source des événements, c’est la répression brutale et humiliante qui est opposée aux étudiants avec des bastonnades et arrestations de l’un de leurs responsables. Et pour tout être humain ayant quelque empathie et dignité, quelque sensibilité, on ne peut laisser emporter sans réagir un collègue et encore son responsable arrêté de façon illégale (car en violation des franchises universitaires) et torturé devant lui. Les étudiants ne sont donc atteints d’aucune folie incendiaire, mais ont riposté en légitime défense face à des provocations répétées des autorités rectorales et des œuvres universitaires.
Evidemment des «sages» auraient voulu que les étudiants assistent passifs, murmurent au mieux mais restent calmes et laissent, lâches et couards, emporter un de leurs camarades. C’est ainsi que nos « sages » pensent former une relève de qualité avec des hommes amorphes, incapables de s’indigner, de s’émouvoir, de s’enthousiasmer et de se passionner. Oui, il y a un temps ou de tels sages qualifiaient même de violence, la seule élevation du ton de la voix!
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2- Les autorités taisent soigneusement les fusillades à balles réelles sur des étudiants. Au bilan des dégâts, ils n’insistent que sur « les véhicules calcinés, les bureaux saccagés, les cantines vandalisées » et sans jamais en donner le nombre. Mais rien sur les tirs à balles réelles, donc des actes d’assassinat de masse d’étudiants. Les journalistes à leur solde parlent du prix des voitures, des bureaux, des cantines endommagés. Mais de la valeur incommensurable de la vie humaine que l’on a voulu consciemment ôter aux étudiants, pas du tout. Qui a donné l’ordre criminel de tirer à balles réelles sur des jeunes manifestants ? on ne veut surtout pas poser la question parce que l’on se doute bien que la réponse implique le Président-ministre de la défense, Boni Yayi.
3- Les défenseurs de l’acte criminel de masse contre les étudiants mettent en avant la destruction du patrimoine commun. Mais alors que disent-ils des autorités qui pillent tous les jours et à leur profit le patrimoine commun ? Ce n’est pas quelques véhicules, bureaux et cabines que pillent les hommes au pouvoir, mais l’équivalent de la valeur de centaines, voire de milliers de véhicules, bureaux et cabines. Rien que les dernières affaires impliquant des Directeurs généraux nommés et protégés par Boni Yayi, le président ministre de la défense, affaire SONACOP révélée par le syndicat des travailleurs, affaire CNSS révélée par les représentants du patronat et des travailleurs au sein du Conseil d’administration, se chiffrent en des dizaines de milliards de francs cfa. Les vrais vandales du patrimoine public, c’est le pouvoir ; les casseurs du trésor et de la vie des citoyens, c’est lui. Et si l’on veut chercher la «racaille» dont il faut débarrasser le pays, c’est ce niveau qu’il faut cibler et viser.
4- Les journalistes à ordre taisent soigneusement que le prédécesseur de l’actuel DCOUS/P avait été démasqué comme pilleur, détourneur des bourses et secours et chassé par ces étudiants avant d’être remplacé sans jugement par celui-ci qui pose les pas dans les empreintes laissées par son prédécesseur. Les étudiants sont donc à bonne école ; dans leurs dernières actions, en riposte à l’arbitraire, ils ont visé les symboles et attributs des oppresseurs ; en dénonçant les actes crapuleux de crimes économiques et en chassant les auteurs de ces actes, ils envoient un signal fort d’avertissement à tous les pilleurs tapis au sommet de l’Etat ; c’est pourquoi on les a réprimés sans pitié et avec une barbarie d’un autre âge. Mais ils se font des muscles pour demain.
5- Le Parti communiste en vient donc à conclure que les cris de haine, de dénigrement et de condamnation du mouvement récent des étudiants par le pouvoir et les journalistes à sa solde ont pour objectif de freiner l’élan salvateur de la jeunesse qui ose enfin se battre contre l’inacceptable arrestation et bastonnade de leur responsable, l’inacceptable violation quotidienne des franchises universitaires, l’inacceptable répression policière, l’inacceptable condition miséreuse d’étude et de vie à eux faite sur les campus, l’inacceptable pillage des ressources publiques par les autorités corrompues.
6- Hier, tous ceux qui vivent amèrement dans leur chair la descente de notre pays dans les enfers par suite de l’écrasement quotidien du peuple par le pouvoir tyrannique de Yayi attendaient de la jeunesse, de leur jeunesse qu’elle « coure, vole et nous venge. ». Ils attendaient que leur jeunesse puisse, à l’instar de leurs aînés oser rejeter les plats de haricots pourris de charançons à eux servis, s’insurger contre l’incurie d’un professeur carrent, se soulever contre une réforme bâtarde de l’enseignement, prendre résolument le parti du paysan pauvre contre les brimades des autorités locales, solidariser avec le travailleur salarié en grève, manifester dans la rue contre l’assassinat d’un dirigeant révolutionnaire étranger. Ils souhaitaient que leur jeunesse ose, à l’instar de leurs aînés sous le régime barbare de Kérékou-PRPB, défier la répression policière, soit le fer de lance et fournisse les bataillons pour le renversement du nouvel autocrate, Boni Yayi ; bref que la jeunesse nous fasse vivre, à l’instar de la jeunesse tunisienne et égyptienne, la Révolution pour le recouvrement de notre dignité bafouée et perdue.
7- Qu’une révolution soit nécessaire pour sauver notre pays, seuls ceux qui vivent et s’engraissent du système actuel de prédation au détriment du peuple peuvent le nier. Le pouvoir de Boni Yayi s’est assujetti personellement tous les organes de pouvoir: Il gère sans égards aux lois qu’il viole sans retenue.L’horizon est bouché et l’avenir hypothéqué. Le salut dès lors ne peut venir que du peuple lui-même, directement de son énergie propre afin de rétablir sa dignité et sa souveraineté. Et lorsque la situation atteint un tel degré de gravité, le peuple doit compter sur sa couche juvénile, celle qui est et représente l’avenir, pour dégager l’horizon en dégageant du pouvoir l’autocrate malfaisant qui fait écran et obstacle.
8- Quiconque souhaite sincèrement et conséquemment la fin du calvaire et de la honte que nous fait subir quotidiennement le pouvoir de Boni Yayi ne peut manquer de soutenir les étudiants, de s’écrier : « enfin ils osent ! ». Ceux-là, comprenant qu’il n’y a pas de révolution sans «casse», œuvreront pour qu’il y ait le moins de casse possible, pour que la Révolution soit la moins douloureuse possible. Mais jamais, ils ne prendront les bourreaux provocateurs pour des victimes. Au contraire ! Ils dénonceront le bourreau, le président ministre de la défense. C’est pourquoi le Parti Communiste appelle tous les démocrates, tous ceux qui veulent d’un Bénin libre, digne, fier et probe à soutenir les étudiants et à combattre les autorités ainsi que les journalistes menteurs et falsificateurs à leur ordre, à exiger le jugement et le châtiment des autorités qui ont ordonné de tirer à balles réelles sur des éléments du peuple.
9- Quant aux jeunes, étudiants, le Parti Communiste vous dit : bravo ! Vous avez montré que vous savez vous indigner devant l’arbitraire ; mieux, que vous savez riposter contre l’inacceptable. Par la solidarité agissante qui s’est instantanément manifestée entre étudiants sur toute l’étendue du territoire national, du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, vous montrez que vous avez conscience de la communauté de votre sort. Vous donnez l’exemple d’une unité populaire dans le combat contre un ennemi commun au désespoir des régionalistes fieffés de tout
VIVE LA JEUNESSE COMBATTANTE DU BENIN ! Cotonou, le 31 mai 2013
acabit Continuez vos combats contre les mauvaises conditions de vie et d’études. Continuez résolument et avec détermination le rejet de l’inacceptable partout où il se manifeste. Perfectionnez vos organisations de lutte. Méprisez royalement les attaques absurdes des falsificateurs à la solde d’un pouvoir en désarroi et en décrépitude. Sachez que la vérité et l’avenir sont de votre côté, que la vérité éclatera et l’avenir s’éclaircira avec le triomphe de la révolution !
Le Bureau Politique du PCB
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