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                       LES CELLULES DU PARTI

 Les cellules sont les structures de base du Parti, elles constituent sa forme d'organisation élémentaire. C'est par l'intermédiaire des cellules que les mots d'ordre, les positions et la politique du Parti peuvent être portés à la connaissance des masses. Et c'est grâce à leur travail quotidien de propagande et d'organisation parmi la population que celle-ci peut participer au mouvement révolutionnaire dans le cadre des mots d'ordre, des positions et de la politique du Parti.

C'est précisément parce que les cellules sont les structures per­mettant au Parti d'unir les masses autour de lui que le Parti s'appuie sur elles pour recruter ses adhérents et accroître sa force. Dans la lutte révolutionnaire, les cellules se chargent de diriger et d'éduquer les militants et de former les cadres du Parti. Aussi constituent-elles la forme d'organisation élémentaire du Parti, la principale source de sa force. 

I.    L'ORGANISATION DES CELLULES

Premièrement, l'implantation des cellules au niveau des unités de production.

A quel niveau les cellules du Parti sont-elles implantées? A l'instar des partis communistes des autres pays, le Nouveau Parti communiste Haïtien se conforme au principe formulé par Lénine en constituant ses cellules au niveau des unités de production; ainsi, elles sont fondées dans des établissements aussi divers que les usines, les exploitations, les services de navigation, les fermes, les villages, les casernes, les magasins, les écoles, les organismes administratifs, etc. Lénine s'opposait à la conception des partis sociaux-démocrates qui, au lieu de leur confier un rôle de noyau dirigeant des masses, considéraient les cellules comme des instruments de campagne électorale. Notre Parti a créé dans certaines villes des cellules de quartier, mais c'est uniquement parce que certains de ses membres qui exercent des professions libérales ne peuvent pour le moment être incorporés à une organisation appropriée; ces cellules n'ont donc qu'un caractère provisoire.

En tant qu'avant-garde du prolétariat, notre Parti doit avant tout veiller à constituer les cellules dans ses rangs de classe, c'est-à-dire à bâtir ses forteresses au cœur des usines. Parlant des tâches d'organisation du Parti ouvrier social-démocrate, Lénine fit ressortir dès 1902 l'importance du rôle joué dans la révolution par les cellules d'atelier. Il disait: "Ils [les cercles d'usine] sont particulièrement importants pour nous : la force essentielle du mouvement est en effet dans le degré d'organisation des ouvriers dans les grandes usines, car les grandes usines (et fabriques) renferment la partie de la classe ouvrière qui prédomine non seulement par le nombre, mais plus encore par l'influence, le niveau, la combativité. Chaque usine doit être pour nous une forteresse".

Les cellules du Parti sont formées, dans le cadre de la Section Rurale ou de la Commune, en fonction du nombre des membres et selon que le terrain s'y prête ou non.

 Aussi le Parti doit-il prendre des mesures énergiques pour établir et consolider ses bastions au sein de la Police du pays.

Comment former les cellules?

Une cellule peut être créée dans une unité de production si le nombre des membres du Parti y est au moins de trois. Les cellules plus ou moins importantes seront divisées en sous-cellules ou groupes au niveau des ­petites unités de production (par exemple ateliers d'usines ou villages dépendants).

Dans la clandestinité (par exemple dans les usines des grandes villes ), les cellules du Parti doivent multiplier leurs liens avec les masses ; leurs effectifs ne doivent pas être trop importants; on doit au contraire les réduire au minimum, à condition que l'efficacité du travail n'en souffre pas ; deux organisations du Par­ti ou plus, sans lien direct entre elles, peuvent être créées dans une même usine.

Deuxièmement, le comité directeur de la cellule.

  L'efficacité du comité directeur de la cellule est décisive pour l'accomplissement des tâches définies par le Parti. Les membres de chaque cellule doivent donc choisir avec précaution le personnel de son organe dirigeant. Le secrétaire et les membres (ou cadres) du comité de cellule doivent être réputés pour leur fermeté sur le plan politique, pour leur fidélité dans l'exécution de la politique du Parti et pour leur compétence au travail; ils doivent en outre bénéficier de la confiance des masses. Le Parti doit prendre garde au danger d'infiltration d'arrivistes dans lesdits organes dirigeants quand de nouvelles cellules sont constituées en grand nombre et que les nouveaux adhérents manquent encore de maturité politique.

Le nombre des membres (ou cadres) d'un comité de cellule est déterminé en fonction de celui des militants, du champ d'activité et des exigences du travail. Dans les régions, le comité élit un secrétaire et des membres ayant chacun un secteur d'activité sous sa responsabilité: travail d'organisation, propagande, affaires militaires (Forces d'Autodéfense), administration gouvernementale, syndicats, unions paysannes, jeunesse, femmes, etc. En fonction de notre situation économique,des postes permanents peuvent être institués au sein des comités de cellule, afin d'expédier les affaires courantes. Toute cellule composée de moins de cinq membres du Parti élit seulement un secrétaire, secondé tout au plus d'un secrétaire adjoint.

Les cellules doivent, dans la mesure où leur travail n'en sera pas affecté, envoyer systématiquement de bons cadres aux comités du Parti des échelons supérieurs.

 

II.    LES TACHES FONDAMENTALES DES CELLULES

Les cellules ne doivent pas seulement constituer des citadelles par leur forme d'organisation, elles doivent encore et surtout jouer véritablement ce rôle dans l'action. A cette fin, elles doivent déterminer les activités fondamentales que leurs membres seront chargés d'accomplir. Compte tenu des développements actuels de la révolution Haïtienne, les tâches des cellules, autrement dit leurs activités principales, doivent comporter les quatre aspects suivants:

Premièrement, le rôle des cellules en tant que noyaux d'organisation permettant au Parti d'unir les masses autour de lui.

La qualité du travail accompli par une cellule au sein de la population permet de juger du résultat de toute son activité. L'exécution d'une manière active et régulière par chaque membre d'une cellule du travail au sein de la population constitue la condition fondamentale permettant à cette cellule de déployer son activité parmi les masses rassemblées autour d'elle. La bonne marche de ce travail a pour effet de rendre les militants plus actifs et la vie politique de la cellule plus régulière. Les cellules composées en grosse majorité de nouveaux adhérents doivent en particulier veiller à leur confier ce genre de travail; les comités de cellule et les comités du Parti des échelons supérieurs doivent les aider fréquemment, car, de façon générale, ils manquent d'expérience.

Le travail des cellules parmi la population en contact avec elle vise à gagner son adhésion à la direction assumée par le Parti. Les cellules, comme chacun de leurs membres, doivent entretenir des liens étroits avec les masses, connaître leur état d'esprit, prêter attention à leur voix et chercher, compte tenu de leur niveau de conscience politique du moment, à leur expliquer méthodiquement la politique et les mots d'ordre du Parti, à leur faire connaître sa presse et à diffuser les idées communistes, tout ceci en vue de gagner la population à la cause du Parti.

Dans le cadre du travail parmi les masses, les cellules ont pour tâche essentielle d'organiser et de diriger la participation de la population à la Guerre de Résistance, par la formation de détachements de partisans et d'unités d'autodéfense ainsi que par l'accomplissement de toutes sortes d'autres tâches au service de la guerre. Dans le même temps, elles doivent guider les efforts de la population dans la production, dans le développement de l'économie et dans l'amélioration de ses conditions de vie.. Dans les régions où notre pouvoir politique marque des points, nous de­vons mobiliser les masses en vue de la suppression des charges inéquitables ou injustifiables, et de la révocation des fonctionnaires, des chefs de commune et des chefs coupables de malversations et de tyrannie. Nous devons compter sur les forces organisées par les masses elles-mêmes pour entreprendre, par voie de consultation ou de médiation ou par le recours à tout autre moyen adapté à l'état de guerre, de les délivrer des difficultés qu'elles ont à participer à la Guerre de Résistance, de manière à susciter de leur part un surcroît d'enthousiasme en faveur de celle-ci. Les cellules doivent mener en profondeur une vaste campagne d'explication parmi les masses, pour qu'elles comprennent qu'aujourd'hui, l'intérêt suprême de chaque Haïtiens, c'est de participer activement à la Guerre de Résistance pour chasser les impérialistes Français, Américains et Canadiens hors du pays.

En ce qui concerne les moyens d'organiser les masses, les cellules doivent tenir compte, dans le choix des formes appropriées d'organisation de masse, des conditions locales et des besoins de la population. Dans les zones d'opérations, il convient, en règle générale, de créer tout d'abord des organisations répondant aux nécessités de la guerre et travaillant directement à son service (comme, par exemple, les Forces d'Autodéfense, les Missions de Réconfort et les Jeunes Pionniers) ; puis, à partir de cette infrastructure, on mettra sur pied •des organisations de masse plus vastes (par exemple les associations de salut national créées par les paysans, les ouvriers, les femmes, les jeunes, etc). Dans les zones contrôlées sous occupation étrangères, il faut en général regrouper dans un premier temps les éléments actifs pour entreprendre ensuite, par leur intermédiaire, d'organiser la population à une plus vaste échelle. Les cellules enverront au sein desdites organisations de masse des militants réunissant les conditions requises, afin qu'ils y travaillent activement; elles doivent également affirmer leur présence dans les groupements populaires qui existaient initialement, y établir le contact avec les masses et les guider tout en se mettant à leur école. Dans le travail accompli de concert avec celles-ci, nous devons faire preuve d'un esprit démocratique, et éviter de tout prendre en main et de substituer la direction des cellules à celle de ces groupements. Ainsi, nous devons nous unir avec les leaders des masses, leur témoigner du respect, nous inspirer d'eux et faire en sorte qu'ils acceptent la direction du Parti.

Les cellules ont pour tâche de guider les masses pour les rallier petit à petit autour du Parti communiste, par conséquent, elle doivent élever leur conscience politique dans l'action, de manière à les convaincre que les mots d'ordre et les positions du Parti représentent leurs intérêts vitaux et à les lancer dans la bataille en vue de leur réalisation.

Pour garantir que les groupements populaires soient correctement guidés par les cellules, celles-ci doivent souvent discuter en réunion le travail du Parti au sein de ces organisations, juger en temps opportun si les décisions prises sont justes et si elles sont correctement appliquées par les membres du Parti, et examiner les opinions et les requêtes des masses. En outre, les cellules doivent suivre de près tout changement de situation pour adapter l'activité du Parti au cours des événements.

Deuxièmement, le rôle des cellules en tant qu'organes de recrutement de nouveaux adhérents.

Comme organes de recrutement, les cellules doivent éduquer sans relâche leurs membres pour qu'ils comprennent l'importance que revêt le recrutement de nouveaux adhérents. L'extension des organisations du Parti communiste constitue la garantie essentielle de l'essor du mouvement révolutionnaire, et elle est indispensable tant pour consolider le front uni national anti occupation que pour faire progresser la révolution. Aussi le recrutement de nouveaux adhérents doit-il être considéré par tout membre du Parti comme une tâche quotidienne de grande importance. Et les comités directeurs des cellules doivent fréquemment contrôler et stimuler l'exécution de ce travail par leurs militants conformément aux statuts du Parti.

Vues la manière, la méthode de travailler et la fermeté du NPCH sur le plan politique, beaucoup de révolutionnaires, qui sont disposés et décidés à combattre pour la cause du communisme, demandent à adhérer au Parti ; c'est là une condition favorable pour le recrutement de nouveaux membres par les cellules; celles-ci doivent en tirer parti pour en admettre un grand nombre. Cependant, elles doivent se rendre compte que cette croissance du prestige politique du Parti incite par là-même les agents de l'ennemi, les traîtres à la nation et les éléments hostiles au Parti communiste à chercher par tous les moyens à s'infiltrer dans-ses rangs pour y tramer des complots et y mener des activités de sape-

Des arrivistes tentent aussi de s'introduire dans le Parti à des fins personnelles et pour le corrompre. Aussi les cellules doivent-elles faire preuve, lors du recrutement, d'une vigilance de chaque instant vis-à-vis de ces complots et activités de sape ainsi que des infiltrations d'arrivistes. Tout membre du Parti doit s'appliquer à tout moment et en tout lieu à débusquer ces saboteurs afin de les exclure.

Les cellules doivent faire comprendre à leurs membres que, le Parti communiste étant l'avant-garde du prolétariat, ils doivent être des combattants conscients luttant pour la cause du communisme et prêts à tout sacrifice. En vue de garantir la pureté des rangs du Parti sur le plan politique et organisationnel, les cellules doivent en premier lieu faire reposer leur travail de recrutement sur les activités quotidiennes de chacun de leurs membres parmi les masses, découvrir dans les luttes populaires les éléments actifs qui veulent et peuvent se battre pour le communisme, se rapprocher d'eux et les former en leur expliquant ce qu'est le communisme avant de les admettre au Parti. Les cellules doivent faire comprendre à leurs membres que le Parti n'est nullement une association de parents ou d'amis et que l'admission inconsidérée dans ses rangs de tout élément qui ne réunit pas les conditions requises présente un grand danger pour le Parti comme pour chacun de ses membres.

Par conséquent, il importe de s'en tenir strictement au principe de l'admission individuelle, et d'éviter ou de rejeter la pratique du recrutement sur simple inscription et sans enquête préalable ainsi que celle du recrutement collectif "par groupe" sans vérification individuelle. Même lorsqu'il s'agit d'éléments actifs ayant réuni, dans les luttes populaires, les conditions requises pour être admis au Parti, les demandes d'admission doivent également être examinées, approuvées et ratifiées cas par cas. Les cellules éclaireront leurs membres sur la procédure et la méthode prévues par les statuts du Parti pour le recrutement de nouveaux adhérents, et les chargeront d'examiner en détail, afin de juger s'ils répondent aux conditions requises, le cas des postulants qu'elles comptent admettre sous le rapport du statut social et de la conduite personnelle ainsi que du comportement dans le mouvement de masse, surtout aux moments critiques. En somme, les cellules doivent à la fois garantir le recrutement d'un grand nombre de nouveaux adhérents et empêcher l'infiltration dans le Parti de tout élément malfaisant.

Elles doivent exiger de leurs membres qu'ils acquittent leurs cotisations en vertu des statuts du Parti: elles ne sauraient considérer cela comme une formalité insignifiante dont on pourrait même se passer. Le versement mensuel ou périodique des cotisations est un devoir pour les membres du Parti. Ceci, comme le respect du programme, des statuts et de la discipline du Parti et l'adhésion à l'une de ses organisations afin d'y militer, constitue une des conditions essentielles qu'ils doivent réunir.

Troisièmement, le rôle des cellules en tant qu'écoles pour la formation des membres du Parti.

Les cellules sont des écoles où les membres du Parti reçoivent une instruction et une formation de base. Les comités de cellule doivent leur donner une formation systématique avec l'aide des organismes du Parti des échelons supérieurs. Cet enseignement doit mettre l'accent en priorité sur les connaissances de base relatives au communisme de manière à renforcer chez les militants leur conception révolutionnaire du monde. Dans leur travail quotidien, les cellules contrôlent leurs membres dans l'observation de la discipline du Parti et la pratique de la critique et de l'autocritique, afin de faire disparaître chez eux toute tendance erronée à s'écarter de la théorie, de la politique, de la discipline ou des règlements du Parti, etc. Les cellules doivent aider les militants ayant un faible niveau d'instruction à apprendre à lire et les encourager à étudier seuls, afin d'élever leur niveau culturel et politique. En outre, elles doivent enseigner à leurs membres la méthode de travail parmi les masses, à la lumière d'exemples vivants et de leçons tirées de l'expérience, positive ou négative.

Les comités directeurs des cellules et les membres justifiant d'une présence relativement longue dans le Parti ont pour tâche d'éduquer les nouveaux adhérents, essentiellement par leur propre comportement exemplaire sur les plans de l'idéologie, du travail et du respect de la discipline du Parti.

Quatrièmement, le rôle, dans les bases d'appui, des cellules du Parti en tant qu'organes de direction dans les activités du Parti, de l'administration, de la police, des organisations de masse et des institutions éducatives.

Dans les régions où le pouvoir politique se trouve sous la direction de notre Parti, les cellules doivent jouer un rôle dirigeant au sein des organes du pouvoir rural, des forces armées locales (comme les Forces d'Autodéfense) et des organisations populaires. Elles doivent s'occuper du travail dans les secteurs du Parti, de l'administration, de l'armée, des organisations de masse et de l'éducation. Cette activité a pour seul objectif l'établissement et la consolidation de bases, pilotes de la Résistance.

Les cellules ont pour tâches essentielles d'amener les masses po­pulaires à participer à la gestion du pouvoir ainsi qu'aux élections afin de porter aux organes dirigeants du pouvoir cantonal les leaders en qui elles ont confiance, à assister et à contrôler ces organes dans l'exécution des directives émanant des instances gouvernementales des échelons supérieurs ainsi que des résolutions adoptées par la population et des lois et décrets promulgués par ces mêmes instances et visant à améliorer les conditions de vie des masses; en outre, les cellules doivent se charger d'armer les masses en vue de combattre ceux qui violent les lois et décrets relatifs à la Résistance, et de liquider les agents de l'ennemi et les traîtres à la nation.    Bref, les cellules doivent faire du pouvoir rural un pouvoir révolutionnaire anti occupation administré par les masses elles-mêmes.

A cette fin, les cellules doivent avant tout mettre sur pied des forces armées populaires (comme les Forces d'Autodéfense et les Jeunes Pionniers) et regrouper les masses dans des associations de salut national créées par les paysans, les femmes, les jeunes, les ouvriers, etc. et dans d'autres organisations, en sorte que ces forces « armées » et ces organisations deviennent les piliers du pouvoir rural.

Dans dautres endroits, les cellules ont pour tâche primordiale de mobiliser et d'organiser les masses populaires et, par la mise en œuvre de la force des masses et par le recours à des méthodes adéquates, de remanier l'appareil en l'expurgeant desdits, éléments, pour qu'il devienne un véritable pouvoir populaire. Lorsque le pouvoir bénéficie du soutien des masses, mais qu'on n'a pas encore mis sur pied d'organisations ni de forces armées populaires, les cellules ont pour tâche d'aider les organes administratifs à mobiliser, à organiser et à armer les masses populaires en vue de renforcer le pou­voir. Toutes ces mesures n'ont d'autre but que de créer un pouvoir démocratique géré par les masses elles-mêmes.(A bien lire et saisir dans notre situation actuelle)

Le travail quotidien des cellules dans les régions rurales adminis­trées par nous comporte les aspects suivants: amener la population à fournir des recrues aux unités de partisans ainsi qu'aux contingents d'hommes vali­des ;  créer des services de transport, mobiliser hommes, femmes,, jeunes et vieux pour faire le guet, assister les « administrations gouvernementales » dans la perception des  impôts en grains, collecter des dons en faveur de nos partisans, et apporter sous toute autre forme une participation à la « guerre » et à la défense du territoire. Les cellules doivent en outre amener les masses à aider le gouvernement .à améliorer autant que possible leurs conditions de vie, par des initiatives pouvant contribuer au développement de l'économie en fonction des possibilités, à l'accroissement de la production agricole, au perfectionnement des instruments aratoires, à l'amélioration des semences et des engrais, au défrichement des terres vierges, à l'aménagement des ouvrages hydrauliques, à la bonne organisation des labours et de la moisson, à la création d'équipes d'entraide au travail et de services de location de bœufs de labour, à la répartition rationnelle de la main-d'œuvre, au développement de l'artisanat, à la fondation de coopératives et à l'augmentation des revenus des paysans. Par ailleurs, les cellules doivent assurer le développement de la culture en organisant des cours d'alphabétisation et des cours du soir, en instaurant un enseignement dispensé par de jeunes instituteurs et en créant des écoles temporaires pour la morte saison, autant de mesures visant à élever le niveau de culture générale de la population. Dans toutes ces activités qu'elles dirigent, les cellules doivent veiller tout particulièrement à faire jouer un rôle aux h aimes, qui représentent la moitié de la population; sans elles, les mouvements en faveur de la participation à la Guerre de Résistance, à la gestion du pouvoir et au développement de l'économie ne pourront aboutir au succès. Il faut compter également sur les efforts de la cellule pour en finir progressivement dans les campagnes avec le mépris, l'assujettissement et les traitements injustes dont sont victimes |e« femmes, et pour former des leaders parmi les femmes de la paysannerie tout en améliorant la situation politique et économique de celle-ci.

Le travail qu'une cellule compte accomplir en vue de mobiliser et d'organiser les masses doit d'abord être discuté en détail au sein du Parti; les explications seront données ensuite par les membres du Parti au sein des organes du pouvoir et des organisations de masse avant d'être soumises, sur proposition de ces organes et organisations, à une discussion démocratique au sein des masses populaires pour qu'elles comprennent que l'appel du Parti traduit leurs intérêts, et pour qu'elles se mobilisent en vue d'y répondre et de réaliser les objectifs prescrits. A cet effet, les communistes doivent donner l'exemple et s'attacher, au sein des organisations de masse, à unir autour d'eux les éléments actifs — hommes, femmes, jeunes et vieux en vue de la réalisation de ces objectifs grâce à une campagne d'émulation.

IIL    COMMENT LES COMITES LOCAUX DU PARTI EXERCENT-ILS LEUR DIRECTION SUR LES CELLULES?

Quand une cellule ne parvient pas à organiser comme il se doit ses activités régulières d'organisation du Parti ni à développer vigoureusement son travail parmi les masses, il faut qu'elle soit guidée correctement et aidée concrètement par les comités locaux du Parti (à savoir les comités d'arrondissement ou de district) dont le rôle en la matière revêt alors une importance décisive. En effet, une cellule faible pourra acquérir de la vigueur dès lors qu'une direction juste et appropriée lui sera imprimée; or, en l'absence d'une telle direction, même une bonne cellule risque de rétrograder, et l'enthousiasme de ses membres se refroidira au lieu d'être stimulé.

Premièrement, il faut bien connaître la situation des cellules et les guider comme il faut.

Le comité local du Parti et les camarades chargés de guider une cellule doivent avant tout, s'ils veulent bien faire ce travail, se renseigner sur la situation concrète à l'intérieur comme à l'extérieur de ladite cellule, sur son passé, sur la conduite de chacun de ses membres et sur le milieu dans lequel elle opère; il faut notamment connaître la situation locale, l'état d'esprit des masses et les rapports de classes. Or, ces données ne peuvent s'obtenir au cours d'une ou deux réunions ou de quelques entretiens, mais seulement après de longues enquêtes et études. Par conséquent, les membres des comités du Parti de l'échelon supérieur chargés de guider les cellules ne doivent pas rester inamovibles, mais on ne saurait non plus les déplacer trop souvent; ainsi, ils pourront bien connaître la situation et accumuler de l'expérience. Si l'on n'est pas au fait de la situation réelle à l'intérieur comme à l'extérieur d'une cellule, il n'est pas possible de la guider judicieusement.

En guidant les cellules dans l'exécution des résolutions et directives des organes du Parti des échelons supérieurs, les membres des comités locaux du Parti ayant des cellules sous leur responsabilité doivent faire discuter et définir par celles-ci, compte tenu de leur situation particulière, les modalités d'exécution desdites résolutions et directives, au lieu de toujours transposer mécaniquement une même méthode. Seule une direction exercée avec autant de souplesse que d'efficacité permettra de faire appliquer intégralement les résolutions des échelons supérieurs et d'activer le travail des cellules. En particulier, dans celles où la maturité politique et l'esprit d'initiative de certains membres laissent encore à désirer, la direction des comités locaux du Parti doit fixer judicieusement la tâche principale du moment dont l'exécution permettra de faire progresser tout le travail; elle doit avant tout mettre l'accent sur cette tâche, mais sans rien précipiter, afin de stimuler l'initiative des cellules et de renforcer la confiance de leurs membres dans leurs activités; ainsi, les résolutions des échelons supérieurs seront intégralement appliquées à mesure que les cellules enregistreront des progrès dans leur travail et deviendront plus actives et plus solides.

 

Deuxièmement, il faut former les cadres des cellules.

 

La formation des cadres des cellules constitue un maillon essentiel dans tout ce travail de direction assuré par les comités locaux du Parti. En l'absence d'éléments dynamiques, les activités des cellules ne peuvent acquérir la vigueur et la régularité requises. Il faut donc constamment veiller à bien choisir et aguerrir les secrétaires et membres (ou cadres) des comités de cellule et à les former sur le plan politique et dans le travail, à les aider à assimiler les méthodes de travail et à développer en eux le sens des responsabilités. Il faut, en outre, organiser dans la mesure du possible des stages de courte durée à l'intention des cadres de cellule ou avoir souvent des entretiens particuliers avec eux. Tous ces efforts doivent permettre de former les cadres de cellule en sorte que celle-ci puisse travailler d'une façon indépendante. Dans ce processus, il importe d'éviter toute prise en charge qui se traduirait par une substitution des dirigeants des échelons supérieurs à ceux des cellules, une telle manière d'agir ne pouvant que contrarier nos efforts en matière de formation des cadres.

 Les éditions du NPCH -2012- -www.npch.net-