«Je suis un communiste. Non-militant pour l’instant, parce que les cadres d’une lutte politique n’existent pas en Haïti. Je m’applique à me préparer…Fils de grands propriétaires terriens, j’ai renié mes origines bourgeoises. J’ai beaucoup vécu avec les paysans. Je connais leur vie, leur mentalité, leur religion, ce mélange étonnant de catholicisme et de vaudou.
Je ne considère pas le prolétariat paysan comme un trésor sentimental. Le paysan est notre seul producteur et il ne produit que pour être exploité de la manière la plus effroyable, par une minorité politicienne qui s’intitule l’Élite. Tous mes écrits ont combattu cette prétendue élite… J’ai écrit depuis mon plus jeune age des poèmes et des contes…Je travaille au renouvellement de notre littérature par l’étude de notre riche folklore. Jusqu’à ce jour nos écrivains, à de rares exceptions, n’ont fait qu’imiter les poètes et conteurs Français. J’estime que notre littérature doit-être nègre et largement prolétarienne. Je travaille également au rapprochement des écrivains nègres de tous les pays. C’est pour cela que que je prépare, sous le titre, Poèmes Afro-Américains, une plaquette de traduction des poèmes Nègres-Américains… Nous pensons que la vie est en soi une mise en occupation: que la mission fondamentale de l’homme est de se justifier, que cette justification, il peut la trouver dans une adhésion totale à la fraternité humaine.»





