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Recommandations au 1er Congrès national d’éducation des cadres ( CNEC)

1. Le travail d’éducation doit être réaliste, consciencieux

L’éducation des cadres n’est pas un travail simple; pour arriver à bien la mener, il faut bien la connaître.

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1) Qui  devons-nous former?

Nous devons former

1) les cadres,

2) les membres des organisations populaires,

3) les paysans les plus avancés

Prenons d’abord les cadres, car « les cadres forment le capital des organisations populaires ».

I1 faut avoir un capital pour pouvoir le faire fructifier.

Pour l’application d’une politique, pour l’exécution d’un travail, avec de bons cadres, on arrive au succès, c’est-à-dire à la rentabilité. Sans bons cadres, le travail échoue, autrement dit il y a perte de fonds.

2) Qui est-ce qui éduque?

Il n’est pas dit que n’importe qui soit capable de faire le travail d’éducation. Pour former des forgerons ou des ajusteurs, l’éducateur doit être lui-même versé dans le métier de forgeron ou d’ajusteur. L’éducateur dans les organisations populaires doit être lui-même un modèle à tous les points de vue : idéologie, moralité, méthode de travail.

L’éducateur doit apprendre toujours davantage pour pouvoir assurer sa tâche. Lénine nous a exhortés à : 

« Apprendre, apprendre encore, apprendre toujours. » Chacun de nous doit se rappeler ce conseil et le mettre en application, l’éducateur plus que quiconque. L’éducateur qui prétend tout savoir est le dernier des ignorants. Le mot d’ordre : << S’instruire, s’instruire encore, ensei­gner, enseigner encore » doit être étudié par tous. « Il n’y a que les révolu­tionnaires authentiques qui sachent profiter du précieux savoir légué par les générations passées, ainsi que nous l’a enseigné Lénine.

3) Que faut-il enseigner pour la formation des cadres?

  1. Pour la théorie.

II faut inculquer la théorie marxiste-léniniste à tous. Mais il ne sert de rien de connaître la théorie sans l’appliquer.

On n’apprend pas la théorie pour discourir. Connaître la théorie sans l’appliquer, c’est verser dans la théorie creuse. On apprend la théorie pour l’appliquer dans notre action. Agir sans rien connaître de la théorie, c’est marcher à tâtons dans la nuit, lentement et en trébuchant. La théorie aide à comprendre tout ce qui se passe dans la société, dans le mouvement, ce qui nous permet de prendre des mesures justes et de les appliquer correctement.

       b) Pour le travail pratique.

       Outre la théorie, il faut enseigner le travail pratique. Par exemple, pour la mobi­lisation générale, pour l’émulation patriotique,  etc., il faut savoir comment expliquer clairement à la population, comment la mobiliser sur le plan moral, comment organiser le travail. Pour nos récentes manifestations, il y a lieu d’examiner leur influence sur nous, sur l’ennemi, sur la situation intérieure du pays, sur la situation interna­tionale, examiner ce qu’il faut faire pour exploiter à fond l’influence de ces succès. Il convient d’enseigner tout cela à nos cadres et à nos camarades.

        c) Pour la culture.

        Donner une culture générale aux camarades qui n’en ont pas suffisamment, pour les aider à progresser en matière de théorie et de travail.

       d) Pour la qualification professionnelle.

       Chacun doit savoir exercer un métier pour vivre. Les cadres qui diri­gent une branche d’activité doivent avoir la qualification professionnelle requise. Ce n’est qu’à cette condition qu’ils peuvent assurer une direction stricte.

4. Comment éduquer les cadres?

a) Il faut être réaliste et consciencieux plutôt que de courir après la quantité.

    L’essentiel est de faire comprendre à fond le sujet à ceux qui l’étudient. Mais il y a plusieurs façons de comprendre à fond : on peut faire comprendre à fond en entrant dans tous les détails, mais cela demande beaucoup de temps. En revanche, on peut aussi enseigner d’une façon générale et également faire comprendre à fond le sujet. Ainsi, pour enseigner aux gens ce qu’est un chien, on peut décrire minutieusement son squelette, sa dentition, son mode d’exis­tence, indiquer la durée de sa vie, etc. Ce pendant si l’on ne peut pas encore enseigner tous ces détails, on peut toujours faire comprendre ce qu’est un  chien en le décrivant sommairement : sa taille, trois, quatre fois plus petite que celle d’un cheval, ses oreilles larges comme deux éventails, sa tête, etc. De la sorte, les élèves ne peuvent pas confondre un cheval avec une crevette, un chat ou un bœuf. Mieux encore, quand ils entendent parler de pêche ou de capture de boeufs, ils ne peuvent pas se figurer à tort qu’on puisse se servir d’hameçons pour accrocher, ou de bâtons pour frapper la bête. De cette manière, ils peuvent utiliser plus ou moins leur savoir dans leur travail. Par contre, si avec le peu de temps dont on dispose et avec un niveau culturel encore bas, l’on penche longuement sur l’étude de la seule défense en cornes, les élèves, une fois rentrés chez eux, confondront le boeuf avec la corne, ce qui ne sera d’aucune utilité.

b) II faut assurer l’éducation de haut en bas.

    Les comités d’éducation des cadres ne doivent pas être trop ambitieux. Ils éduquent les cadres d’un échelon inférieur qui, à leur tour, se chargeront de l’enseignement des cadres d’un échelon plus bas. Le Comité central forme des cadres pour les zones et les provinces ; ceux-ci assu­rent ensuite l’éducation des cadres de district et de com­mune, On fera ainsi une économie de force et de temps et on se mettra mieux a la portée des camarades de l’échelon immédiatement inférieur, Toutefois, une éduca­tion entreprise de cette manière doit être menée très consciencieusement, II faut éviter le laisser-aller; si la négligence règne à l’échelon supérieur, plus on descend vers les échelons inférieurs, plus les erreurs s’accentueront.

 c) Lier étroitement la théorie au travail pratique.

     Le Comité central adresse des directives concernant les mesures à prendre dans le cadre de la politique du Parti. Le Comité d’éducation doit expliquer ces mesures par une documentation concrète prise dans la situation réelle et dans l’expérience pratique. Ce n’est que de cette façon que la théorie ne sera pas dissociée de la réalité concrète.

d)  La formation doit viser les besoins réels.

      Le Comité d’éducation doit se mettre en contact étroit avec les orga­nismes de propagande, d’agitation. La formation des cadres a pour but essentiel d’en fournir aux  diverses branches : organisations populaires. Le Comité d’éducation fabrique. Le fabricant doit satisfaire la demande du consommateur. Si nous fabri­quons des « godés » en quantité alors que presque toute la demande porte sur les casseroles, on ne les achètera pas.

e) La formation des cadres doit attacher toute l’im­portance nécessaire à la transformation idéologique.

    II faut bien comprendre les élèves pour pouvoir développer leurs aptitudes et éliminer leurs défauts. Il faut enseigner et forger. Enseigner, c’est faire apprendre. Forger, c’est débarrasser le cerveau de ses vices. Par exemple actuel­lement, nos cadres sont affligés d’un gros défaut l’orgueil et la suffisance. Il faut les extirper à tout prix. Sinon le savoir acquis par l’étude n’en serait que plus néfaste. C’est par orgueil et suffisance que les cadres ambition­nent de hautes fonctions. Exemple un cadre servant à l’échelon zone se plaindra et se découragera si l’Orga­nisation l’affecte à l’échelon province. Il considère cette affectation comme indigne de ses capacités qui devraient normalement lui valoir un poste plus élevé! Ce penchant pour les hauts postes doit être extirpé. Il faut faire tout travail utile à la révolution, au Parti il n’y a pas de travail noble ni de travail vil.

6. Documentation à utiliser.

a) En premier lieu,

   Il faut prendre les textes du marxisme-léninisme comme documents de base. Cepen­dant, on doit faire un choix et reclasser les textes parce qu’il y a des différences de niveau entre les élèves, et pour chaque catégorie, il faut des documents adéquats. Il est inutile d’étudier des textes qui ne conviennent pas. A chaque document nous devons prendre des exemples qui se déroulent dans le pays.

b) Outre les documents sur le marxisme-léninisme, il y a aussi les documents tirés de la pratique.

     Il s’agit des faits d’expérience apportés par les auditeurs eux-mêmes, expériences de succès comme expériences d’échecs. L’échange de ces expériences leur donnerait de précieux enseignements. Il n’est pas nécessaire, pour qu’il y ait une leçon à apprendre, d’attendre qu’un camarade de l’échelon supérieur vienne faire un exposé. L’échange et le rassemblement des faits d’expérience doivent être soigneusement organisés, cela  ne doit pas être une occasion pour n’importe qui de pérorer à son aise.

c) Les instructions, les résolutions, les lois, les ordres de l’Organisation et du Parti sont des documents qu’il faut étudier.

 I          Elever le niveau des études personnelles et les guider

  1. Le travail à l’école du Parti ne ressemble pas au travail dans les écoles du type ancien où l’on étudiait seulement lorsque le maître était là où l’on s’amusait pendant son absence. Il faut savoir prendre l’initiative d’étudier par soi-même.

Aussi doit-on se demander

1. Pourquoi étudier?

a) Etudier pour se corriger idéologiquement s’adonner à la révolution avec ardeur, c’est très bien.

    Mais tant qu’on n’a pas encore exactement des idées révolutionnaires, il faut étudier, pour pouvoir rectifier. C’est seule­ment quand l’idéologie est juste que l’action est exempte d’erreur, et que l’on peut mener à bien sa tâche révolutionnaire.

b) Etudier pour cultiver la morale révolutionnaire

      Il faut posséder les vertus révolutionnaires, savoir se dévouer jusqu’au sacrifice à la révolution, pour pouvoir diriger les masses et mener la révolution  à la victoire.

c)Etudier pour avoir confiance :

Confiance dans le Parti, dans le peuple, dans l’avenir de la nation, dans l’avenir de la révolution.

II faut avoir la foi pour pouvoir se montrer ferme et ardent dans l’action, résolu à tous les sacrifices devant les difficultés.

  d) Etudier pour agir l’étude et l’action doivent aller de pair. Pas d’étude utile sans l’action. Pas d’action qui réussisse sans étude.

2.     Où étudier?

A LIRE ATTENTIVEMENT ; PRENDRE DES EXEMPLES HAITIENS

Apprendre à l’école, dans les livres, apprendre les uns des autres, auprès des masses. Ce serait une grosse lacune que de ne pas apprendre auprès des masses.

Récits de Momo lors d’un travail du Parti près de Beaumont en 1962

Premièrement, nous sommes très unis, Deuxièmement, nous sommes aimés de la population,

Troisièmement, nous tirons des leçons des expériences de la population.

Ce qui signifie que :

Quand ils sont unis, les cadres mènent à bien tout ce qu’ils ont à faire.

Les cadres doivent se faire aimer du peuple, gagner sa confiance et son estime.

Les cadres doivent se tenir près des masses et apprendre auprès d’elles.

III. Un défaut à corriger immédiatement dans la for­mation des cadres

Le défaut général est qu’on s’attache à la quantité mais l’on ne fait pas le travail de manière consciencieuse. On oublie que mieux vaut bonne qualité que grande quantité. Cela est tout particulièrement visible dans l’organisation des cours de formation des cadres

1. L’effectif des classes est trop élevé. D’où des résul­tats limités, tant du côté des enseignants que du côté des élèves, car leurs différences, quant au niveau théo­rique, les empêche d’avoir la même capacité d’assimi­lation. Le programme ne répond pas non plus aux besoins réels du fait que les élèves sont des cadres occupés à des tâches de niveau différent.

2. On ne doit pas ouvrir des cours un peu au hasard. A l’heure actuelle, nous devons tenir compte d’une école pour les jeunes. Par exemple, dans chaque secteur où il y a une cellule du Parti il doit y avoir une école en direction, de l’action populaire, paysanne, féminine, ouvrière, et de l’action auprès des jeunes.

En raison du grand nombre des cours, l’on arrive à manquer d’enseignants, ce qui décourage les élèves. Par manque d’enseignants, on est oblige d’imposer la «  corvée » à ceux dont on peut disposer, ce qui fait qu’ils sont toujours pressés et sont obligés de passer vite d’une classe à l’autre comme « les libellules effleurent l’eau de leurs pattes ». Leur enseignement ne répond pas aux exigences de la situation. Quand l’on manque d’enseignants, il faut « boucher les trous »et le bouche-trou n’est pas à la hauteur de sa tâche, il commet des erreurs, ce qui nuit aux élèves, c’est-à-dire à 1’Organisation.

Finalement on gaspille l’effort physique des camarades  et l’on apprend à la va-vite.

Alors Comment faire?

II faut rationaliser la formation des cadres, c’est-à-­dire

Quand l’on ouvre un cours, il faut qu’il ait les condi­tions requises.

Il ne faut pas ouvrir des cours au hasard.

Voilà en résumé, ce que nous avons à vous dire. C’est à vous de revoir la question.

Sont présents :

Les responsables des  neuf départements. (9)

Les responsables à l’extérieur                   (3)

Un membre du Département des finances (1)

Un membre du Département de la défense (1)

Deux membres de la coordination des Mouvements populaires (Mouvement de masse, mouvement paysans) (2)

Un membre du mouvement de la jeunesse ( en formation) (1)

Makandal, Goman, Boukman, Mariz, Lusita

Capotille   Août  2002

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