INTRODUCTION

La cruauté du système capitaliste ne se manifeste pas uniquement par l’exploitation des travailleurs, quoique celle-ci soit sa base et son point de départ. Les capitalistes, dans leur soif aveugle de profits et de pouvoir, se servent de toute une gamme d’autres formes d’oppression pour diviser le peuple et en soumettre des parties importantes à une double et même triple oppression. L’oppression des femmes est parmi les formes d’oppression les plus importantes.

Ecartées du marché du travail et enfermées entre les quatre murs de la maison, dernières engagées et premières mises à pied quand elles réussissent à se trouver un emploi, payées à des salaires plus bas que les hommes pour le même travail, brimées dans leurs droits démocratiques les plusélémentaires, les femmes du peuple sont doublement opprimées. Et cette double oppression en fait une force potentielle révolutionnaire redoutable, à condition que le prolétariat conscient les mobilise dans la lutte de classes.

Pour la classe ouvrière, il est de première importance de mobiliser les femmes travailleuses, car elles sont la moitié des forces révolutionnaires, « la moitié du ciel », d’après l’expression de Mao Tsé-toung. Les femmes du peuple sont la réserve la plus importante pour la classe ouvrière et leur participation dans la lutte des classes est décisive pour l’issue de ce combat.

La source de l’oppression des femmes, c’est la propriété privée des moyens de production. Cette oppression remonte à la division de la société en classes opposées. Car, dès cette époque, les femmes ont été privées de leurs droits et reléguées au second rangs dans la société. Le capitalisme ne fait que maintenir cette oppression, tout en proclamant une égalité qui n’existe pas dans les faits, afin de tromper les gens et de désamorcer la lutte des femmes.

C’est pourquoi l’émancipation des femmes passe obligatoirement par l’abolition du capitalisme. Le socialisme pose les conditions essentielles pour leur émancipation définitive, permettant et encourageant pour la première fois la pleine participation des femmes à la vie économique et politique du pays et assurant une vie sociale caractérisée par l’égalité devant la loi et dans les faits entre hommes et femmes.

Dès maintenant, nous devons entreprendre la lutte pour les droits démocratiques des femmes et les mobiliser dans la lutte de toute la classe ouvrière pour le socialisme. La question des femmes revêt une importance capitale, et c’est pourquoi Lénine a pu conclure: « Le prolétariat ne saurait se libérer totalement sans avoir conquis la liberté totale pour les femmes. » (Lénine, Sur l’émancipation de la femme)

• LES FEMMES DU PEUPLE SONT LA PLUS GRANDE RESERVE DE LA CLASSE OUVRIERE, IL FAUT LES MOBILISER DANS LA LUTTE DE CLASSES

Stalin,  J.,  « Long   Live  International   Women’s Day! »,   (1925),   in   On   thé   Woman   Question,

International Publishers, New York, pp. 44-45 (notre traduction)

Dans l’histoire de l’humanité, aucun grand mouvement d’opprimés ne s’est accompli sans la participation des travailleuses. Ces dernières, les plus opprimées parmi les opprimés, ne pouvaient et ne se sont jamais tenues à l’écart du grand chemin du mouvement de libération. Le mouvement des esclaves a produit, comme on le sait, des centaines et des milliers de martyres et d’héroïnes; les combattants pour la libération des serfs comptaient des dizaines de milliers de travailleuses dans leurs rangs. Il n’est pas surprenant que des millions de travailleuses soient attirées sous les bannières du mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière, le plus puissant de tous les mouvements de masse d’opprimés.

La Journée internationale des femmes est un symbole d’invincibilité et un présage du grand avenir qui est soudé au mouvement de libération de la classe ouvrière.

Les travailleuses — ouvrières et paysannes — sont la plus grande réserve de la classe ouvrière. Cette réserve constitue une bonne moitié de la population. Le sort du mouvement prolétarien, la victoire ou la défaite de la révolution prolétarienne, la victoire ou la défaite du pouvoir prolétarien dépend de ce que la réserve des femmes sera pour ou contre la classe ouvrière.

Voilà pourquoi la première tâche du prolétariat et de son détachement d’avant-garde, le Parti communiste, est d’entreprendre la bataille décisive pour affranchir les ouvrières et les paysannes de l’influence de la bourgeoisie, pour leur éducation politique, et pour l’organisation des ouvrières et des paysannes sous la bannière du prolétariat.

La Journée internationale des femmes est un moyen de gagner les réserves de femmes laborieuses au prolétariat. Cependant, les travailleuses ne sont pas que des réserves. Elles peuvent et doivent devenir — si la classe ouvrière applique une politique juste — une véritable armée de la classe ouvrière, combattant la bourgeoisie.

La seconde, et décisive, tâche de la classe ouvrière, c’est de forger une armée d’ouvrières et de paysannes à partir des réserves des femmes laborieuses, pour opérer coude à coude avec la grande armée du prolétariat.

La Journée internationale des femmes doit devenir un moyen de transformer les ouvrières et les paysannes d’une réserve de la classe ouvrière en une armée active du mouvement de libération du prolétariat.

Vive la Journée internationale des femmes!

» L’ORIGINE DE L’OPPRESSION DES FEMMES DANS LA DIVISION DE LA SOCIETE EN CLASSES ET L’EXCLUSION DES FEMMES DE LA PRODUCTION SOCIALE

Staline, J., Anarchismeou socialisme?, (1906), in Oeuvres, Tome I, Nouveau Bureau d’édition, Paris, pp. 271-272

L’histoire nous apprend que la classe ou le groupe social qui joue le rôle principal dans la production sociale et en détient les principales fonctions, doit avec le temps devenir inévitablement le maître de cette production. Il fut un temps, celui du matriarcat, où les femmes étaient maîtresses de la production. Comment expliquer cela ? C’est que dans la production de ce temps, dans la culture primitive du sol, les femmes jouaient le rôle principal, elles exerçaient les principales fonctions, alors que les hommes erraient dans les forêts à la recherche du gibier. Le temps est venu, celui du patriarcat, où la situation dominante dans la production est passée aux hommes. Pourquoi ce changement est-il survenu ? Parce que, dans la production d’alors, dans l’économie fondée sur l’élevage, où les principaux instruments de production étaient la lance, le lasso, l’arc et la flèche, le rôfe principal appartenait aux hommes…

Engels, F., L’origine de la famille, de la propriété privée et de l’Etat, (1884), Marx, Engels, in Oeuvres choisies, Tome 3, Editions du Progrès, Moscou, p. 260, pp. 337-339

Dans l’ancienne économie domestique communiste, qui comprenait beaucoup de couples conjugaux avec leurs enfants, la direction du ménage, confiée aux femmes, était une industrie publique de nécessité sociale, au même titre que la fourniture des vivres par les hommes. Avec la famille patriarcale, et plus encore avec la famille individuelle monogamique, il en alla tout autrement. La direction du ménage perdit son caractère public. Elle ne concerna plus la société ; elle devint un service privé ; la femme devint une première servante, elle fut écartée de la participation à la production sociale.

(…)

L’accroissement de la production dans toutes les branches élevage   du   bétail,   agriculture,   artisanat   domestique — donna à la force de travail humaine la capacité de produire plus qu’il ne lui fallait pour sa subsistance. Elle accrut en même temps la somme quotidienne de travail qui incombait à chaque membre de la gens, de la communauté domestique ou de la famille conjugale. Il devint souhaitable de recourir à de nouvelles forces de travail. La guerre les fournit : les prisonniers de guerre furent   transformés   en esclaves.   En   accroissant la productivité du travail, donc la richesse, et en élargissant le champ de  la production, la première grande division sociale du travail, dans les   conditions   historiques   données,   entraîna   nécessairement l’esclavage.  De  la première  grande  division  sociale  du  travail naquit la première grande division de la société en deux classes : maîtres et esclaves, exploiteurs et exploités.

Quand et comment les troupeaux passèrent-ils de la propriété commune de la tribu ou de la gens à la propriété des chefs de famille individuels ? Nous n’en savons rien jusqu’à présent. Mais, pour l’essentiel, cela doit s’être produit à ce stade. Avec les troupeaux et les autres richesses nouvelles, la famille subit alors une révolution. Gagner la subsistance avait toujours été l’affaire de l’homme ; c’est lui qui produisait les moyens nécessaires à cet effet et qui en avait la propriété. Les troupeaux constituaient les nouveaux moyens de gain ; c’avait été l’ouvrage de l’homme que de les apprivoiser d’abord, de les garder ensuite. Aussi le bétail lui appartenait-il, tout comme les marchandises et les esclaves troqués contre du bétail. Tout le bénéfice que procurait maintenant la production revenait à l’homme ; la femme en profitait, elle aussi, mais elle n’avait point de part à la propriété. Le « sauvage » guerrier et chasseur s’était contenté de la seconde place à la maison, après la femme ; le pâtre « aux mœurs plus paisibles », se prévalant de sa richesse se poussa au premier rang et rejeta la femme au second. Et elle ne pouvait pas se plaindre. La division du travail dans la famille avait réglé le partage de la propriété entre l’homme et la femme ; il était resté le même et, pourtant, il renversait maintenant les rapports domestiques antérieurs uniquement parce qu’en dehors de la famille la division du travail s’était modifiée. La même cause qui avait assuré à la femme sa suprématie antérieure clans la maison : le fait qu’elle s’adonnait exclusivement aux travaux domestiques, cette même cause assurait maintenant dans la maison la suprématie de l’homme : les travaux ménagers de la femme ne comptaient plus, maintenant, à côté du travail productif de l’homme ; celui-ci était tout ; ceux-là n’étaient qu’un appoint négligeable. Ici déjà, il apparaît que l’émancipation de la femme, son égalité de condition avec l’homme est et demeure impossible tant que la femme restera exclue du travail social productif et qu’elle devra se borner au travail privé domestique. Pour que l’émancipation de la femme devienne réalisable, il faut d’abord que la femme puisse participer à la production sur une large échelle sociale et que le travail domestique ne l’occupe plus que dans une mesure insignifiante. Et cela n’est devenu possible qu’avec la grande industrie moderne qui non seulement admet sur une grande échelle le travail des femmes, mais aussi le requiert formellement et tend de plus en plus à faire du travail domestique privé une industrie publique.

LE CAPITALISME MAINTIENT L’OPPRESSION DES FEMMES, SEUL LE SOCIALISME  PERMET LEUR EMANCIPATION

Lénine, V., « Le pouvoir des Soviets et la condition de la femme », (1919), in Sur l’émancipation des femmes, Editions du Progrès, Moscou, pp. 77-80

Le deuxième anniversaire du pouvoir des Soviets nous amène à jeter un coup d’œil d’ensemble sur ce qui a été réalisé au cours de ces deux années et à méditer sur l’importance et les buts de la révolution accomplie.

La bourgeoisie et ses partisans nous accusent de violer la démocratie. Nous affirmons que la révolution soviétique

a donné une impulsion sans précédent au progrès de la démocratie en profondeur et en largeur ; la démocratie pour les travailleurs et les masses opprimées par le capitalisme, donc la démocratie socialiste (pour les travailleurs), à la différence de la démocratie bourgeoise (pour les exploiteurs, les capitalistes, les riches).

Qui a raison ?

Réfléchir sérieusement à cette question et l’approfondir c’est faire état de l’expérience de deux années et mieux se préparer à la faire progresser.

La condition de la femme montre de façon particulièrement concrète la différence entre la démocratie bourgeoise et la démocratie socialiste ; elle répond de façon particulièrement concrète à la question posée.

Dans une république bourgeoise (c’est-à-dire là où existe la propriété privée du sol, des fabriques, des usines, des actions, etc.), fût-elle la république la plus démocratique, la femme ne jouit de l’égalité complète nulle part au monde, dans nul pays, même dans le plus avancé. Et ceci bien que plus d’un siècle un quart se soit écoulé depuis la Grande révolution française (démocratique bourgeoise).

La démocratie bourgeoise promet en paroles l’égalité et la liberté. En fait, les femmes, la moitié du genre humain, n’ont reçu nulle part, dans aucune république bourgeoise même la plus avancée, l’égalité juridique avec les hommes, nulle part elles n’ont été affranchies de la tutelle et du joug des hommes.

La démocratie bourgeoise est la démocratie des phrases pompeuses, des mots solennels, des promesses grandiloquentes, des belles devises de liberté et d’égalité. Toutes ces phrases dissimulent l’asservissement et l’inégalité de la femme, l’asservissement et l’inégalité des travailleurs et des exploités.

La démocratie soviétique ou socialiste fait litière des phrases pompeuses mais mensongères ; elle déclare une guerre implacable à l’hypocrisie des « démocrates », des grands , propriétaires fonciers, des capitalistes, des paysans repus qui s’engraissent en vendant aux prix du marché noir leurs excé-; dents de blé aux ouvriers affamés.

A bas cet ignoble mensonge ! Il ne peut y avoir, il n’y a et il n’y eura pas d’« égalité » entre les opprimés et les oppresseurs, les exploités et les exploiteurs. Il ne peut y avoir, il n’y a et il n’y aura pas de véritable « liberté » tant que la femme ne se sera pas libérée des privilèges que la loi accorde à l’homme, tant que l’ouvrier ne se sera pas libéré du joug du capital, tant que les paysans travailleurs ne se seront pas libérés du joug du capitaliste, du propriétaire foncier et du gros marchand.

Laissons les menteurs et les hypocrites, les imbéciles et les aveugles, les bourgeois et leurs partisans berner le peuple, en lui parlant de liberté en général, d’égalité en général, de démocratie en général.

Nous disons aux ouvriers et aux paysans : arrachez le masque à ces menteurs, ouvrez les yeux à ces aveugles. Demandez-leur :

— L’égalité de quel sexe avec quel autre sexe ?

— De quelle nation avec quelle autre nation ?

De quelle classe avec quelle autre classe f

La liberté par rapport à quel joug ou au joug de quelle classe ? La liberté pour quelle classe ?

Qui parle de politique, de démocratie, de liberté, d’égalité, de socialisme, sans soulever ces questions, sans les mettre au premier plan, sans lutter contre les tentatives de les cacher, les dissimuler, les estomper, est le pire ennemi des travailleurs, un loup déguisé en mouton, le plus féroce adversaire des ouvriers et des paysans, le valet des grands propriétaires fonciers, des tsars, des capitalistes.

En deux ans, dans un des pays les plus arriérés de l’Europe, le pouvoir des Soviets a fait pour l’émancipation des femmes, pour leur égalité avec le sexe « fort », bien plus que n’ont pu faire en 130 ans toutes les républiques « démocratiques », évoluées et éclairées du monde.

L’instruction, la culture, la civilisation, la liberté, tous ces mots grandiloquents s’allient dans toutes les républiques bourgeoises, capitalistes, à des lois d’une bassesse sans nom, d’une saleté répugnante, d’une brutalité bestiale, qui consacrent l’inégalité de la femme, les lois sur le mariage et le divorce, l’inégalité des enfants naturels avec les « légitimes », les privilèges pour les hommes, l’humiliation et les offenses pour la femme.

Le joug du capital, l’oppression, de la « sacro-sainte propriété privée », le despotisme de la stupidité petite-bourgeoise, de la cupidité du petit patron, voilà ce qui a empêché les républiques bourgeoises, même les plus démocratiques, de toucher à ces viles et sordides lois.

La République soviétique, république des ouvriers et des paysans, a balayé ces lois d’une seule volée, en détruisant de fond en comble l’édifice des mensonges et de l’hypocrisie bourgeoise.

A bas ce mensonge ! A bas les menteurs qui parlent de liberté et d’égalité pour tous, alors qu’il y a encore un sexe opprimé, des classes qui oppriment, alors qu’existé encore la propriété privée du capital et des actions, alors qu’il y a encore des repus qui, par leurs excédents de blé, asservissent les pauvres. Non pas la liberté pour tous, ni l’égalité pour tous, mais la lutte contre les oppresseurs et les exploiteurs, la suppression de toute possibilité d’opprimer et (l’exploiter. Tel est notre mot d’ordre !

Liberté et égalité pour le sexe opprimé !

Liberté et égalité pour l’ouvrier, pour le paysan laborieux !

Lutte contre les oppresseurs, lutte contre les capitalistes, lutte contre les koulaks-spéculateurs !

Tel est notre cri de guerre, telle est notre vérité prolétarienne, la vérité de la lutte contre le capital, vérité que nous jetons à la face du monde capitaliste avec ses phrases doucereuses, hypocrites, ronflantes sur la liberté et l’égalité en général, sur la liberté et l’égalité pour tous.

C’est parce que nous avons arraché ce masque d’hypocrisie, c’est parce que nous instituons avec une énergie révolutionnaire la liberté et l’égalité pour les opprimés et les travailleurs contre les oppresseurs, contre les capitalistes, contre les koulaks, c’est précisément pour cela que le pouvoir des Soviets est devenu si cher aux ouvriers du monde entier.

Voilà pourquoi, en ce deuxième anniversaire du pouvoir des Soviets, la sympathie des masses ouvrières, la sympathie des opprimés et des exploités nous est acquise dans tous les pays du monde.

Voilà pourquoi, en ce deuxième anniversaire du pouvoir des Soviets, malgré la faim et le froid, malgré tous les maux que nous cause l’offensive des impérialistes contre la République soviétique de Russie, nous restons fermement convaincus de la justesse de notre cause, fermement convaincus de la victoire certaine du pouvoir soviétique mondial.

La Pravda n° 249 du 6 novembre 1919. Signé : N. Lénifie

Œuvres,       Paris-Moscou, t. 30, pp. 116-119

Lénine, V., « Pour la Journée internationale des ouvrières », (1920), in Sur l’émancipation des femmes, Editions du Progrès, Moscou, pp. 84-85

POUR LA JOURNÉE INTERNATIONALE DES OUVRIÈRES*

Le capitalisme coordonne l’égalité de pure forme et l’inégalité économique et, par conséquent, sociale. C’est un de ses traits fondamentaux mensongèrement dissimulé par les partisans de la bourgeoisie, par les libéraux, et incompris des démocrates petits-bourgeois. De ce trait découle, entre autres, la nécessité de reconnaître ouvertement l’inégalité capitaliste, tout en luttant avec énergie pour l’égalité économique, et même, dans certaines conditions, de placer cette reconnaissance directe de l’inégalité à la base de l’Etat prolétarien (Constitution soviétique).

Même dans l’égalité formelle (l’égalité devant la loi, l’« égalité » du repu et de l’affamé, du possédant et du non-possédant), le capitalisme ne peut pas être conséquent. Et l’une des manifestations les plus criantes de cette inconséquence est l’inégalité de la femme et de l’homme. Aucun État bourgeois, si progressiste, républicain, démocratique soit-il, n’a reconnu l’entière égalité des droits de l’homme et de la femme.

* La journée internationale des ouvrières ou Journée internationale des femmes du 8 mars : journée de la solidarité internationale des femmes travailleuses de tous les pays dans la lutte pour la paix, la démocratie et le socialisme. Cette journée fut instituée à la IIe Conférence internationale des femmes socialistes à Copenhague, ^en 1910, sur la proposition de Clara Zetkin, pour entraîner les femmes à la lutte contre la domination de la bourgeoisie. La journée des femmes fut célébrée, pour la première fois, en Allemagne, en Autriche, au Danemark et en Suisse en 1911 et en 1913 en Russie.

La République soviétique de Russie a, par contre, balayé d’un seul coup toutes les traces juridiques sans exception de l’infériorité de la femme et assuré aussitôt à la femme, au regard de la loi, l’égalité complète.

On dit que la situation juridique de la femme caractérise le mieux le niveau de culture. Il y a, dans cette formule, un grain de vérité profonde. De ce point de vue seule la dictature du prolétariat, seul l’Etat socialiste, pouvait atteindre et a atteint le degré suprême de la culture.

C’est pourquoi la nouvelle impulsion, d’une puissance sans précédent, du mouvement ouvrier féminin est inséparable de la fondation (et de l’affermissement) de la première République soviétique et, parallèlement, en connexion avec ce dernier fait, de l’Internationale communiste *.

Dès qu’il s’agit de ceux que le capitalisme a opprimés directement ou indirectement, entièrement ou partiellement, le régime soviétique, et ce régime seul, leur assure la démocratie. La condition de la classe ouvrière et des paysans pauvres l’atteste clairement. La condition de la femme aussi.

Mais le régime soviétique est le dernier combat décisif pour l’abolition des classes, pour l’égalité économique et sociale. La démocratie, même offerte aux opprimés du capitalisme, y compris le sexe opprimé, ne nous suffit pas.

Le mouvement ouvrier féminin ne se contente pas d’une égalité de pure forme, il se donne pour tâche principale la

* . L’Internationale communiste (Komintern, IIIe Internationale), organisation prolétarienne révolutionnaire internationale (1919-1943) qui groupait les partis communistes des divers pays.

L’Internationale communiste visait à gagner les masses des travailleurs au communisme, à les entraîner à la lutte pour la dictature du prolétariat, pour la destruction du régime capitaliste et son remplacement par l’ordre socialiste, pour l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme. Elle renouvela et consolida les liens entre les travailleurs de tous les pays rompus à la suite de la trahison des leaders de la IIe Internationale au cours de la première guerre mondiale, défendit la doctrine du marxisme-léninisme contre son altération par les opportunistes, développa des questions théoriques du mouvement ouvrier et de la lutte pour le socialisme dans la période d’entre-deux-guerres, contribua à la diffusion au sein des masses des idées du socialisme scientifique, au renforcement des partis communistes des divers pays.

Fut dissoute en mai 1943 sur décision de son Comité exécutif, l’ancienne forme de direction du mouvement ouvrier n’étant plus adaptée aux conditions nouvelles.

lutte pour l’égalité économique et sociale de la femme. Faire participer la femme au travail productif social, la soustraire à l’« esclavage domestique », la libérer du joug abrutissant et humiliant, éternel et exclusif, de la cuisine et de la chambre des enfants, telle est la tâche principale.

Cette lutte sera longue, elle nécessite une transformation radicale de la technique sociale et des mœurs. Mais elle s’achèvera par la victoire totale du communisme..

4 mars 1920.

1920

Œuvres,       Paris-Mofcoo, t. 30, pp. 420-421

La Pravda du 8 mars (Edition spéciale). Signé : JV. Lénine

Lénine, V., « La Journée internationale des travailleuses », (1921), in Sur l’émancipation des femmes, Editions du Progrès, Moscou, pp. 87-89

Le trait essentiel, fondamental du bolchevisme et de la Révolution d’Octobre, c’est d’amener à la politique ceux qui étaient le plus opprimés sous régime capitaliste. Les capitalistes les étouffaient, les dupaient et les pillaient aussi bien sous la monarchie que dans les républiques bourgeoises démocratiques. Cette oppression, cette duperie, ce pillage du labeur populaire étaient inévitables tant que subsistait la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines.

L’essence du bolchevisme, du pouvoir soviétique est de remettre tout le pouvoir d’Etat entre les mains des masses laborieuses exploitées, en dévoilant la duperie et l’hypocrisie de la démocratie bourgeoise, en abolissant la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines. Ce sont ces masses qui prennent en mains la politique, c’est-à-dire l’édification de la société nouvelle. C’est une œuvre difficile, les masses sont abruties et accablées par le capitalisme, mais il n’existe pas, il ne peut exister d’autre issue à l’esclavage salarié, à l’esclavage capitaliste.

On ne saurait amener les masses à la vie politique sans y attirer les femmes. Car en régime capitaliste, les femmes,

la moitié de l’espèce humaine, sont doublement exploitées. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital, et par surcroît, même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, premièrement elles ne jouissent pas de tous les droits, car la loi ne leur confère pas l’égalité avec les hommes ; deuxièmement, et c’est là l’essentiel, elles restent confinées dans l’« esclavage domestique », elles sont des « esclaves du foyer » accablées par les travaux ménagers, les plus mesquins, ingrats, durs et abrutissants, et en général par les tâches domestiques et familiales individuelles.

La révolution bolchevique, soviétique, coupe les racines de l’oppression et de l’inégalité des femmes de façon extrêmement profonde, comme aucun parti et aucune révolution au monde n’ont osé les couper. Chez nous, en Russie soviétique, il ne subsiste pas trace de l’inégalité des femmes par rapport aux hommes au regard de la loi. Le régime des Soviets a totalement aboli l’inégalité odieuse, basse, hypocrite dans le droit matrimonial et familial, l’inégalité touchant l’enfant.

Ce n’est là que le premier pas vers l’émancipation de la femme. Aucun des pays bourgeois, même parmi les républiques les plus démocratiques, n’a osé faire ce premier pas. On n’a pas osé, par crainte de la « sacro-sainte propriété privée ».

Le deuxième pas et le principal a été l’abolition de la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines. C’est cela et cela seul qui fraye la voie de l’émancipation complète et véritable de la femme, l’abolition de l’« esclavage domestique » grâce à la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle.

Cette transition est difficile ; il s’agit de refondre l’« ordre de choses » le plus enraciné, coutumier, routinier, endurci (à la vérité, c’est plutôt une monstruosité, une barbarie). Mais cette transition est entreprise, l’impulsion est donnée, nous sommes engagés dans la nouvelle voie.

En cette journée internationale des ouvrières, on entendra dans les innombrables réunions des ouvrières de tous les pays du monde, saluer la Russie soviétique qui a amorcé une œuvre incroyablement dure et difficile, une grande œuvre universelle de libération véritable. Des appels galvanisantsinciteront à ne pas perdre courage face à la réaction bourgeoise, furieuse, souvent même sauvage. Plus un pays bourgeois est « libre » ou « démocratique », et plus les bandes capitalistes sévissent avec fureur et sauvagerie contre la révolution des ouvriers ; c’est le cas pour la République démocratique des Etats-Unis d’Amérique. Mais la masse ouvrière s’est déjà réveillée. La guerre impérialiste a définitivement éveillé les masses, endormies, somnolentes, inertes de l’Amérique, de l’Europe et de l’Asie arriérée.

La glace est brisée dans toutes les parties du monde.

L’affranchissement des peuples du joug impérialiste, l’affranchissement des ouvriers et des ouvrières du joug capitaliste avance irrésistiblement. Des dizaines et des centaines de millions d’ouvriers et de paysans, d’ouvrières et de paysannes ent fait progresser cette œuvre. Voilà pourquoi l’affranchissement du travail délivré de la servitude capitaliste triomphera dans le monde entier. 4 mars 1921.

Œuvres, t. $2,pp;

Paris-Moscou,

Publié le 8 mars 1921 ,
dans le Supplément au n* 5l
de la Frauda.
Signé : N. Lénine

Lectures complémentaires

Mao Tsétoung, Citations, Editions en langues étrangères, Pékin, chap. 31, pp. 363-369 (Sur la question des femmes et l’importance de la mobilisation des femmes dans la construction socialiste, la moitié du ciel).

Questions

1) Quelle est l’origine de l’oppression des femmes? Pourquoi disons-nous que l’oppression des femmes est liée à la division de la société en classes? Quels sont les ennemis des femmes?

2) Comment le capitalisme nie-t-il aux femmes l’égalité avec les hommes? Quels sont les droits démocratiques pour lesquels les femmes doivent lutter aujourd’hui?

3) Quelles sont les conditions nécessaires à l’émancipation des femmes? Comment le socialisme réunit-il ces conditions?

4) Qu’est-ce que le chauvinisme mâle et le féminisme bourgeois? Comment faut-il mener la lutte contre ces deux formes de l’idéologie bourgeoise?

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